27.2.09

Welcome To My Nightmare


Suite à mon précédent post, un ami m'a envoyé un lien vers le tout dernier clip de Kanye West,"Welcome To Heartbreak", le 2e morceau du dernier album auquel il donne son titre, 808s & Heartbreak.



Comme on peut le voir, l'ami Kanye fait tout pour que son dernier clip ne ressemble pas au précédent! Visuellement, on à jamais vu un truc pareil: impossible de ne pas se demander si la vidéo qu'on est en train de regarder est bien correctement encodée...le son est bon, bien sûr, mais l'image est dégueulasse, les couleurs se mélangent, les plans fondent littéralement les uns dans les autres....que se passe-t-il? Alors on checke, sur YouTube, sur DailyMotion, sur Vimeo...Pas de doute: c'est pareil partout, le clip est fait pour être vu comme ça, avec ses fondus enchainés bizarres & ses pixels fluos...

Allons bon, qu'est-ce qui a bien pu pousser l'ami Kanye, d'habitude si soucieux de la qualité visuelle de ses clips, à faire un clip de ce style? Derrière le brouillon des images floues, il y a plein de choses dans ce clip qui méritent qu'on en parle un peu. Voici donc ce que m'a inspiré "Welcome To Heartbreak".

a) Le chaos visuel reflète chaos existentiel que ressent le chanteur. L'album 808s and Heartbreak est l'album qui suit la mort de la mère de Kanye & sa séparation avec sa copine de toujours. Le heartbreak dont parle Kanye dans cette chanson vient du fait qu'il n'a pas vu passer le temps, et qu'il a peut être raté sa vie en passant à coté de ce qui est important. Kanye nous raconte son cauchemar, un film d'horreur (les premiers plans du clip & les premières notes de musique font penser qu'on va voir un film d'horreur tendance claustrophobe), où il à l'impression d'être à coté de la plaque, d'être passé à coté de l'essentiel: 

My friend showed me pictures of his kids
And all I could show him was pictures of my cribs
He said his daughter got a brand new report card
And all I got was a brand new sports car

Kanye est mal, et il n'y voit plus clair: on le voit s'avancer dans un couloir étroit et obscur, perdu dans une caverne. La caméra saute, Kanye se prend la tête entre les mains dans un geste de désespoir, et tout d'un coup l'écran explose en pixels bleus. 

b) Il y a une double nostalgie qui s'exprime à travers les effets visuels de ce clip.

La première nostalgie est celle des années '80, représentée de façon spectaculaire avec cet affreux pull-over aux motifs impropables que porte Kanye lorsqu'il est perdu dans sa caverne. La nostalgie des années '80, c'est aussi la nostalgie des télés à tubes cathodiques & aux signaux d'erreur représentés par des grosses bandes multicolores qui s'affichent à l'écran. A 2:10 du clip, Kanye lance un projectile vers l'écran, qui se fracture en un milliers d'éclats de verre, comme une bonne grosse TV d'antan, d'avant l'âge du plasma & du LCD.

La deuxième nostalgie exprimée dans les effets visuels est celle de la fin des années '90 et de l'explosion du format DivX d'encodage de fichiers vidéos (films, séries, clips...). Visuellement, les fondus enchainés qui parsèment le clip n'ont rien d'inédit: je voyais le même genre de fondus lorsque je regardais des DivX mal encodés: lors d'un changement de plan, une partie de l'image reste statique, tandis que l'autre partie bouge, car elle est passée au plan suivant. Le souvenir de ces couacs techniques que nous avons eus avec nos premiers DivX possède un fort potentiel nostalgique. Aujourd'hui, ce problème de codec ne se pose quasiment plus, c'est donc une évocation du passé de voir ces effets.

A travers les effets visuels, Kanye navigue entre l'ancien mode de visionnage (la télé & son canon à électrons) et le nouveau (le DivX, le fichier .avi qui se regarde sur l'écran lisse d'un ordinateur). On remarquera que cette alliance entre les différentes époques est aussi le fil directeur musical de l'album dans son ensemble: la technologie du passé, le synthé 808, est alliée à la technologie d'aujourd'hui, le correcteur de voix Auto Tune, pour produire une musique futuriste & nostalgique à la fois.

c) Pour comprendre ce qu'il y a de vraiment fascinant dans ce clip, il faut revenir au début de ce post: comme je l'expliquais quelques paragraphes plus haut, ma première réaction, en voyant les effets visuels étonnants contenus dans ce clip, fut de me poser la question de savoir si je n'avais pas, sur mon browser, installé le bon plug-in pour regarder correctement cette vidéo. Ce qu'essaye de nous dire Kanye, avec son explosion de pixels, c'est que les images sont trompeuses, fausses, crades. La stabilité du tube cathodique, la sérénité de pouvoir allumer sa télé en sachant qu'on y trouvera des images claires, nettes, sans interruption ou pixellisation, a été remplacée par une multitude de canaux de diffusion de l'image: réseau hertzien, mais aussi TNT, câble, télé sur IP, streaming sur Internet...et sur Internet, on doit aussi gérer, de surcroît, les différents formats d'image numérique qui se battent en duel !

Aujourd'hui, l'image se dégrade pour être diffusée au plus grand nombre: "tu auras plein de chaines sur ta télé grâce à l'offre triple play à 30€ par mois, mais je te préviens, la qualité de l'image ne sera pas toujours au rendez-vous!".   Ce clip a des effets qui font croire à un mauvais encodage, à une incompatibilité technologique, une dégradation de l'image. Il est naturellement fait pour être vu sur l'écran d'un PC! Devant les premières images du clip, l'internaute doit forcément douter: est-ce bien le bon clip? Est-ce que tout est correctement paramétré? Rien de tel que de susciter la curiosité du spectateur pour l'accrocher!

En customisant son clip pour le public des internautes, Kanye West montre qu'il a bien compris l'avenir du clip musical. Fini les longues séances de visionnages de clips sur MTV le dimanche après-midi! Aujourd'hui, la diffusion des clips à l'ancienne ne profite à personne. Les spectateurs n'ont pas le temps d'attendre que leur clip préféré passe à la téloche: on a une idée précise de ce que l'on veut voir, et on sait qu'on veut le voir maintenant. Pour MTV, il est beaucoup plus avantageux, en termes de revenus publicitaires, de développer des programmes TV réels, avec une vraie grosse audience (comme The Hills, par exemple, ou Dismissed...) pour attirer les gros annonceurs. Et si c'est maintenant l'internaute qui choisit quel clip il a envie de voir, il faut qu'il aie entendu parler du clip en bien. A long terme, peut-on imaginer que la migration de la télé vers YouTube va apporter une amélioration qualitative des clips musicaux? Il sera intéressant de l'observer...

Par ailleurs, je doute qu'il soit très agréable de voir ce clip en grand format, sur un écran 16/9 de 80cm de largeur: ce kaléidoscope glauque doit vraiment finir par faire mal aux yeux.

@ bientôt!

10.2.09

Kanye West: vidéographie sélective

Le chanteur qui me fascine le plus en ce moment est Kanye West (original, hein?). En écoutant ses albums, on est stupéfait par l'éclectisme de son style & par la diversité des artistes qu'il invite à collaborer avec lui: tous les grands noms du rap sont présents (Jay-Z, Nas...), mais on retrouve aussi des personnalités issues du monde de la pop, comme son producteur Jon Brion, l'acteur Jamie Foxx (qui imite Ray Charles) ou le chanteur de Coldplay, Chris Martin.

La diversité se retrouve aussi dans ses clips: clairement, Kanye West ne veut pas d'un clip qui serait immédiatement reconnu comme étant un clip de rap (c'était déjà le principe pour un des plus célèbres clips de Jay-Z, 99 Problems, réalisé par Mark Romanek, qui avait pour principe directeur d'être un clip de rap qui ressemble à un clip de rock). 

Voici donc une sélection des meilleurs clips de Kanye West: amateurs de l'esthétique "bling bling", passez votre chemin!

Attention: la qualité des clips n'est pas forcément superbe, mais c'est parce que les clips de bonnes qualité que l'on peut trouver sur YouTube ne donnent pas leur code HTML, ce qui ne me permet pas de les inclure ("embed") dans le corps de ce post.
Pour des clips de meilleure qualité, rendez-vous ici

1) Epure sonore & visuelle pour Love Lockdown



2) Animation avec rotoscopie pour Heartless



"How could you be so Dr. Evil? You're bringing out a side of me that I don't know..."

3) Dessin animé dans le style de D.A.N.C.E. de Justice pour The Good Life



Welcome to the good life !

4) "Rap rural" avec Can't Tell Me Nothing



En guest star dans ce clip, dans le rôle du moustachu maléfique, Will Oldham, alias Bonnie "Prince" Billy, une mégastar ultra-confidentielle du néo-folk US. Comment est-ce que Kanye fait pour avoir un type pareil dans son clip???? Et surtout, quel est le lien entre le bling bling et les vaches?

5) Clip futuriste avec les Daft Punk en guest star dans Stronger



"You can be my black Kate Moss tonight, play secretary and the boss tonight, y'know we don't give a fuck what they all say, right?...."

6) Ambiance mystérieuse et classe, avec une James Bond girl méchante dans Flashing Lights


"She don't believe in shooting stars, but she believe in shoes & cars..."

7) Humour & parodie de pubs sexy avec Gold Digger, feat. Jamie Foxx dans le rôle de "Ray Charles"



"Now I ain't sayin' she's a gold digga, but she ain't messing with no broke niggas..."


Enjoy!

1.2.09

Discipline

J'en parlais hier avec un ami, il m'a bien motivé, donc boum! je reposte!

Cette vidéo est énorme: la musique de Nine Inch Nails, un morceau de "disco industriel" intitulé "Discipline", est associée aux images de "Saturday Night Fever"(1977) de John Badham. Et ça marche!



Grandiose !

14.1.09

Post depuis un mobile !

Ceci n'est pas un post.

9.2.08

Best of 2007 (1)

Le voilà enfin, le tant attendu Best of des films sortis en 2007!

Voici la première partie des films qui valaient le détour: les blockbusters!

Les blockbusters:
Cette année 2007 fut riche en blockbusters qui valaient le détour, que ce soit pour leurs qualités intrinsèques, ou simplement pour leur coté stupidement débridé, parce qu'ils étaient simultanément complêtement idiots et complêtements jouissifs.

Dans la première catégorie, on a LE blockbuster de l'année, le film qui réconcilie le cerveau et les muscles, The Bourne Ultimatum. Tandis que dans le 2e épisode de la saga on suivait la fuite du héros, on assiste ici à l'assaut frontal qu'il a décidé de mener contre ses ennemis. Là où tout n'était avant que rapidité, fluidité, et confusion, à présent tout est brutalité, clarté du propos, et choc frontal. Jason Bourne en a marre, et passe à l'offensive. Les scènes de combat comme les poursuites en bagnole sont d'une brutalité phénoménale, et redoublent d'intensité grâce à la caméra placée sur l'épaule du protagoniste.


Un autre film que je pourrais qualifier de "blockbuster intelligent", c'est Beowulf. Beowulf, c'est un film d'animation pour adultes, avec des dialogues crus et des combats sanglants. A travers les "masques" numériques, la performance des acteurs est plus que visible. Ray Winstone, Anthony Hopkins, Angelina Jolie...tous les acteurs s'en donnent à coeur joie, comme si le filtre numérique leur permettait d'entrer complêtement dans leurs personnages, leur permettait de s'abandonner entièrement à cet univers complêtement bizarre qu'ont imaginé les géniaux Roger Avary et Neil Gaiman! Beowulf est un film véritablement hybride, qui allie le talent des acteurs humains au potentiel infini du film d'animation. C'est un vrai plaisir, qui montre bien que les films hybrides sont promis à un bel avenir!


Enfin, comme ne pas mentionner deux bons épisodes de deux des plus importantes franchises de ces dernières années, Spider-Man 3 et Harry Potter 5. Le SP3 est légèrement décevant d'un point de vue scénaristique, mais il innove encore une fois dans ses scènes d'action complêtements époustouflantes. De son côté, Harry Potter réussit l'exploit de rendre le bouquin le plus chiant de la série trépidant, notamment dans le final, difficilement compréhensible dans le bouquin et haletant dans le film.


Dans la catégorie des blockbusters débiles, on a les incroyables Die Hard, Transformers, et Pirates des Caraïbes 3. Trois films de franchise, qui ne se prennent pas au sérieux, mais qui n'en oublient pas pour autant d'offrir au spectateur un spectacle visuel époustouflant. Mais au-delà du contrat bien rempli en matière de cascades et d'effets spéciaux, ce qui m'a plu dans ces films, c'est leur grain de folie. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ces blockbusters sont tout sauf formatés: Michael Bay n'a pas peur de plonger son spectateur dans un scénario et une mise en scène par moments totalement impossibles à suivre dans Transformers; Pirates 3 est souvent complêtement bancal, et s'abandonne parfois à un onirisme complêtement incongru pour un film qui doit servir de support à la vente de Happy Meals; dans Die Hard, Len Wiseman n'a peur de rien, et surtout pas de trahir l'esprit de la série originale en faisant de John McClane un surhomme qui tue ses ennemis en brisant un mur de briques avec ses mains, et qui surfe un F-22....cet abandon, cette énergie délirante, voilà ce qui me plait dans ces films, et qui me donne envie de les revoir bientôt!

Bientôt la suite!

15.1.08

It's important to me that you know you are free

Puisqu'il faut (re)commencer petit, je relance ce blog avec ce petit post sur un petit bijou, le genre de morceau que je pourrais écouter en boucle pendant des heures: Hello, it's me, de Todd Rundgren, que vous pourrez trouver sur son double album Something/Anything? (1972). Ce morceau m'obsède.


C'est morceau est à l'image de l'album dont il fait partie: à la fois grave et léger, éclectique, et dans l'ensemble plutôt déroutant... Hello, it's me, c'est d'abord une mélodie superbe, un peu jazzy, avec une orchestration riche. Tous les instruments sont joués par Rundgren, un véritable homme-orchestre, doublé d'un producteur de renom (Bat Out of Hell de Meat Loaf, c'est lui!).



Mais Hello, it's me, c'est avant tout une atmosphère. C'est une voix légère, douce au départ, mais qui, paradoxalement, semble à la limite de la stridence. C'est des paroles ambiguës, faussement légères, prononcées par un mec qui a merdé, s'en rend compte, et qui demande une seconde chance à sa nana. Sauf que sous ses airs tranquilles ("Hello, it's me"), sous cette envie de dédramatiser la situation, on sent le mec complètement désespéré. Il semble résigné à accepter ses limites ("Sometimes I can't help seeing all the way through"), et pourtant, il ne va pas abandonner comme ça. "Think of me", implore-t-il. A la rigeur, il peut encore lui être utile:
"I'll come around to see you once in a while/Or if I ever need a reason to smile/And spend the night if you think I should". Il est entre les mains de l'autre, et s'abandonne complètement à son bon vouloir.

C'est le grand mystère de cette chanson: est-ce déjà trop tard pour Todd, qui a déjà perdu sa belle? Ou bien, au contraire, est-ce qu'il a évité la rupture en admettant ses torts? Todd est-il résigné ou désespéré? Cette chanson est-elle triste, l'expression du regret pour les erreurs commises dans le passé, ou bien, au contraire, est-ce l'expression d'un nouveau départ après la crise? Faut-il pleurer ou pousser un soupir de soulagement en écoutant ce morceau? Impossible de le savoir! Alors, comment faire pour se fixer? une seule solution: l'écouter, encore et encore...

********

Voici une version live. Todd ressemble a Ziggy Stardust, alors que sa musique n'a rien à voir avec celle de Bowie. Étonnant!

Je conseille également d'écouter Something/Anything? dans son intégralité. Au départ, c'est complètement déroutant, ça part dans tous les sens, dans tous les styles... au fur et à mesure, l'album gagne pourtant une certaine unité, et se montre sous son vrai jour: un bijou de la pop, un album qui se révèle un peu plus à chaque écoute. Bref, c'est de la belle musique qui se mérite!

Petite info pour les fans de ragots: Todd Rundgren est, sur le papier, le père de Liv Tyler!

17.9.07

This is Spartaaaaaa!

Cette pub est sublime:




C'est signé Michael Mann. La musique de la pub vient de la BO du "Dernier des Mohicans". En voyant une pub comme ça, on comprend bien comment 300 a cartonné aux USA.

Contrairement au rugby, le football américain est plus proche du spectacle que du sport: costumes, masques, confrontations brutales, sacrifices héroïques...tout les ingrédients sont là pour transformer le terrain en scène de théâtre. Cette pub insiste sur l'aspect mythologique du football, vécu comme un accomplissement de soi, comme une quête acharnée menée contre vents et marées, contre l'hostilité de la nature, contre les autres hommes qui se mettent en travers de notre chemin, et contre nos propres limites...

Le joueur est élevé au rang de demi-dieu. Tel Hercule, il accomplit 12 travaux (j'ai compté 12 placages/défonçages, si on s'en tient aux effets sonores). A travers les transitions fluides entre les deux joueurs, on a l'impression d'assister à une quête cyclique, répétitive, incertaine, infinie... Et puis soudain, tout ralenti, tout s'arrête, un bras s'étend, prêt à marquer le touchdown qui sauvera son équipe. Va-t-il y arriver? Sisyphe pourra-t-il enfin trouver le repos?

Bien que tout cela ne soit pas très original pour une publicité sportive, il est intéressant de voir à quel point le talent d'un réalisateur comme Michael Mann parvient à insuffler de la fraicheur à un de ses plus vieux clichés. Avec cette caméra qui reste très proche du joueur, tout en gardant une distance respectueuse - le joueur est tel un demi-dieu, que l'on côtoie sur le champ de bataille, mais que l'on ose pas approcher de trop près - et avec un montage qui cherche à créer une illusion de plan-séquence, une illusion de continuité, de flux, Mann inscrit son joueur dans une temporalité, dans la durée. Avec cette idée de durée vient la notion de l'effort fourni, du passage du temps, de la dégradation du corps. Il y a l'exploit (incertain), et avant, il y a la souffrance consentie (réelle, puisque vue par nous) pour accomplir cet exploit...et surtout, il y a ce (ces) mortel(s) pris dans le flux, poussé par quelque chose qu'il n'est pas sûr de contrôler...et là, on retrouve l'une des thématiques chères au cinéaste Michael Mann, celle de l'homme qui ne parvient plus à contrôler un monde qui lui échappe, qui va trop vite pour lui. La quête du joueur de football est-elle vraiment volontaire? Est-ce sa propre volonté qui le fait se relever sans réfléchir, qui le fait courir sans interruption d'un bout à l'autre du terrain? Ou bien est-il le jouet des puissances divines (son manager, son agent, ses sponsors...) qui contrôlent sa destinée?

Contrairement à un montage accéléré et saccadé à la sauce MTV dans les années '90, avec des images-choc diffusées de façon quasi-subliminale, des images d'exploits sans passé ni avenir, le montage de cette pub nous laisse le temps de vraiment ressentir l'ampleur de la tâche. Le fait que l'on rentre en plein dans l'action, et que l'on quitte nos héros avant qu'ils n'aboutissent au sacre annoncé ne fait qu'amplifier l'impression d'un cycle infernal.

L'image finale est spectaculaire sans l'être excessivement. Sa force vient avant tout de toutes les images qui l'ont précédée. L'accumulation de petits exploits crée (on l'espère) un grand exploit, crée l'illusion d'une action à la fois spectaculaire et pourtant à la portée de celui qui se donnera suffisamment de mal, qui ne "lâchera rien"(Leave nothing, c'est le nom du spot)... C'est l'exploit qu'accomplit Michael Mann dans ce spot: créer l'illusion d'une entreprise à la fois surhumaine et à la portée de tous. Un lieu magique où l'humain et le divin coexistent. Où s'arrête le génie humain et où commence l'inspiration divine?

Dans cette affaire, le plus drôle (voire le plus triste, c'est selon), c'est que les images de Mann ne sont pas très éloignées de la réalité. Le football professionnel est énorme machine à broyer les hommes, qui pulvérise plus ou moins rapidement ceux qui le pratiquent au plus niveau. Pressions physiologiques énormes, stéroïdes...le football américain, plus que beaucoup d'autres sports, broie les hommes, les vieillit prématurément, les enterre prématurément. Il y a bien des sacrifiés sur l'autel du football américain, qu'on oublie très vite, parce que bon, hein, "the show must go on". Ils sont adulés comme des demi-dieux, mais ils sont bien vites relégués à leur statut de simple mortel avec les inévitables blessures et addictions en tous genres... N'est pas Achille qui veut!

Pour en savoir un peu plus sur le sujet, pour voir des belles images bien énormes de football brutal, pour voir un bon film cynique sur un sport cynique, foncez vous procurer l'excellent Any Given Sunday, d'Oliver Stone, que je décrirais tout simplement comme l'Apocalypse Now du football américain.

24.8.07

L'archange immatériel : le Surfer d'Argent et les Quatre Fantastiques

Voici un post que j'avais entamé il y a plusieurs semaines, sans vraiment le terminer. Depuis, le film est sorti, et je l'ai vu. Donc je vous donne mes impressions avant de voir le film, et à la fin je fais une critique du film.


Dans une semaine sort le nouvel épisode dans la série des 4
Fantastiques: Les 4F et le Surfer d'Argent. J'irais le voir, par fidelité envers les comics, dans l'espoir de voir de belles images, mais sans grande conviction. La raison principale de mon absence d'enthousiasme? Le réalisateur. Le studio a confié les rênes de cette tâche monumentale à Tim Story, un faiseur, un tâcheron sans autre ambition que de satisfaire ses patrons (c'est-à-dire faire un film qui rapporte des millions sans faire de vagues). Après l'échec critique et commercial - un échec très relatif, puisque le film a quand même rapporté plusieurs dizaines de millions de dollars au B.O. - de Hulk, Marvel a décidé qu'il ne fallait plus confier ses personnages à des réalisateurs de talent, de peur que ceux-ci "détournent" les films pour mieux les intégrer à leur oeuvre.

Hulk, le film qui sonna le glas de la prise de risques chez Marvel?

Je veux bien admettre que Ang Lee soit peut-être allé trop loin dans sa ré-imagination du personnage de Hulk (en modifiant l'origine de son pouvoir, de façon à transformer son histoire en tragédie grecque), ce qui a dérouté tout le monde, mais je trouve que Hulk est un film incroyable, un film à part, un OVNI dans la galaxie des adaptations ciné des personnages Marvel. C'est un film complêtement délirant, schizophrénique, qui concilie introspection psychologique et destruction de tanks. Pour moi, c'est de loin le plus "intéressant" des films Marvel, et celui pour lequel j'ai le plus d'affection.
Bref, depuis qu'Ang Lee a tenté de fusionner les cinémas d'Ingmar Bergman et Michael Bay dans un seul film, Marvel ne prend plus de risques. Exit les fortes personnalités comme Bryan Singer et Sam Raimi ou Guillermo del Toro, on préfère les faiseurs comme Rob Bowman (Electra), Mark Steven Johnson (Ghost Rider), ou Tim Story (qui s'est fait connaître grâce au film-sitcom de blacks Barbershop et le remake américain de Taxi...).

Les Quatre Fantastiques dessinées par le roi des comics, Jack "The King" Kirby

Je n'ai pas vu le premier film de la série des 4F. J'en avais rien à faire, les critiques étaient pas fameuses. Pire encore, on a appris qu'après avoir vu Les Indestructibles, qui empruntait énormément d'éléments aux 4F, l'équipe du film a décidé de tourner une nouvelle fin pour que celle-ci soit plus spectaculaire ! Tout ça ne présageait rien de bon. Et pour finir, la goute d'eau qui à fait déborder le vase: le choix ridicule, absurde, de Jessica Alba pour incarner Sue Storm. Non, vraiment, rien à faire, ce film je ne le verrai pas.

Avec la suite, ça devient plus grave. Les auteurs ont décidé de faire appel à un personnage légendaire, le Surfer d'Argent. Son arrivée dans la série originale des 4F est considérée comme un des moments classiques dans l'histoire des comics. Avec le génial Stan Lee (scénar) et le légendaire Jack Kirby (dessins) aux manettes, les 4 Fantastiques est alors devenue "the world's greatest comic book", comme le promettait le slogan sur la couverture de chaque numéro. L'âge d'argent des comics avait commencé...

Silver Surfer se rebelle contre son maître Galactus dans Marvels, l'hommage rendu par Alex Ross et Kurt Busiek à l'Age d'Or de Marvel

Tout ça pour dire qu'on touche à quelque chose de sacré en s'attaquant au Surfer, et à son maître, l'incroyable Galactus, le "dévoreur de mondes" (une créature qui mange des planètes...ça, il fallait y penser). Le Surfer est lié historiquement aux Fantastiques, mais il a eu, à divers moments de son existence, sa propre série en solo. On pouvait donc l'introduire dans la saga des 4F, tout comme on aurait pu lui consacrer un film entier. A une époque, des rumeurs circulaient sur la possible adaptation cinématographique de ses aventures avec David O. Russell (Three Kings) à la réalisation. J'aurais adoré voir ce film-là. Malheureusement, dans la vie les choses ne vont pas toujours comme on le souhaiterai. A la place de la zen-attitude chaotique d'un Russell, on doit subir les fayoteries corporate de Tim Story pour s'attaquer à la plus sacrée des sagas. C'est un peu comme si on demandait à Michaël Youn d'incarner le général de Gaulle. Beurk.

Le Surfer d'Argent, un personnage tellement emblématique qu'il a inspiré des auteurs étrangers: Parable, écrit par Stan Lee et dessiné par Moebius (L'incal)

Ayant vu le film, je peux le dire: la franchise des Quatre Fantastiques est un énorme gâchis. J'ai vu le film il y a quelques semaines, et je ne m'en souviens plus. Le film n'a aucun intérêt. Ca fait mal de voir aussi peu d'ambition dans l'adaptation d'un des récits les plus ambitieux de Stan Lee et Jack Kirby. Le manque d'ambition de ce film est partout: dans un poster de film nullissime (on dirait un mauvais Photoshop)...


...dans une mise en scène passe-partout, dans une direction d'acteurs inexistante (je ne me remets toujours pas du choix de Jessica Alba, ce trou noir de talent), et surtout, une absence monstrueuse d'ambition qui se traduit dans le choix de na pas faire apparaître Galactus, le Dévoreur de Mondes. A la place, on a droit à un gros nuage qui détruit tout. C'est nul. Nul nul nul. Impossible de ne pas penser à Spider-Man ou X-Men pendant que je regardais le film. Le problème, c'est que le film de Tim Story ne peut pas survivre à une telle comparaison: que peut faire le conservateur et ultrachiant 4F face à l'inventivité exacerbée et à l'enthousiasme débridé de Spider-Man, face à la rigueur et au dynamisme de X-Men? Réponse: rien. Quel énorme gâchis.

Le vrai visage de Galactus, le Dévoreur de Mondes: un géant sans pitié

Je vous laisse avec le Surfer, qui cherche à nous mettre en garde, nous les Hommes, contre notre folie à essayer d'adapter ses aventures sans se donner les moyens de le faire correctement. Et dessiné par Jack Kirby, of course!


17.8.07

Voici une affiche géniale. Et ça, c'est la vérité, bébé !

L'affiche du film Michael Clayton, un thriller avec George Clooney, réalisé par Tony Gilroy, le scénariste de la série Bourne Identity/Supremacy/Ultimatum.

Cette affiche est très réussie, elle me donne envie de voir ce film. D'autant plus qu'au fond, cette affiche va plus loin que le film: devant une phrase pareille, comment ne pas penser à la politique américaine actuelle, à cette guerre qu'on a cherché à gagner à coups de slogans machos et qu'on est en train de perdre sur le terrain? "The truth can be adjusted": voilà le genre de truc qu'un néo-con serait capable de dire. Bande de connards.

Je ne sais pas si ce film est bon ou pas (je suis plutôt optimiste au vu du pedigree), mais j'apprécie le fait qu'il suscite une réflexion à la simple vision de l'affiche. Une fois de plus, on bien obligé de reconnaître qu'en temps de troubles, la création artistique est stimulée et stimulante. Plus le monde va mal, plus l'Art va bien.
"May you live in interesting times", comme le dit l'expression. Mais s'agit-il d'une bénédiction ou d'une malédiction?

16.8.07

The Immortal Iron Fist

En me baladant sur Amazon, je suis tombé sur le premier volume de la nouvelle série solo du super-héros Iron Fist, édité par Marvel Comics. J'ai eu envie d'écrire un petit commentaire sur la page Amazon.fr du bouquin. Evidemment, je n'étais pas satisfait de ce que j'ai soumis à Amazon (qui sait, le commentaire va peut-être apparaître sur la page quand même!), donc je me suis dit que j'allais développer un peu le sujet sur ce blog. J'espère que j'arriverais à susciter votre intérêt pour cette BD formidable!


La plus grande force des éditeurs de comics américains comme Marvel ou DC, c'est leur réservoir inépuisable de personnages disponibles, crées au fil de leurs 70 années d'existence. Pour chaque personnage légendaire crée par ces vénérables maisons (Superman et Batman pour DC Comics, Spider-Man, les X-Men et Hulk pour Marvel), il existe des dizaines de personnages vites tombés dans l'oubli parce que pas assez distinctifs et/ou populaires.
Il existe aussi des personnages de seconde, voire de troisième zone, qui sont populaires, qui gravitent dans l'univers et qu'on voit de temps à autre. Ils sont populaires, mais pas assez pour avoir droit à leur série d'aventures en solo.

La première apparition d'Iron Fist, en 1974


Iron Fist est un de ces personnages. Crée dans les années 70 pour surfer sur la vague du kung fu, très populaire aux US à cette époque, le comics raconte les aventures de Danny Rand, alias Iron Fist, un jeune millionaire qui trompe son ennui en utilisant ses talents d'artiste martial au service du Bien. Il pratique un kung fu fondé sur une énergie mystique (son chi) qu'il concentre dans son poing, son "Iron Fist". Ce pouvoir lui à été conféré "après qu'il eu vaincu le terrible dragon Shou Lao, et plongé sa main dans le coeur du monstre". Bon, c'est vrai que ça ressemble un peu à une version orientale des aventures d'un certain Siegfried.



Comme origine pour un super-héros, on a déjà vu plus...original. Très vite, le personnage fut relégué a des apparitions ponctuelles (et généralement humoristiques) dans les séries plus prestigieuses de Marvel (Iron Fist fait surtout des apparitions dans Daredevil et Spider-Man). Bref, c'était un personnage populaire, sympathique, mais pas très puissant, un peu difficile à prendre au sérieux...C'est pas tout les jours qu'on invente des personnages au potentiel narratif aussi fort que Spider-Man ou les X-Men!



Et tout d'un coup, tout bascule: deux étoiles montantes chez Marvel, les géniaux scénaristes Matt Fraction (Casanova) et Ed Brubaker (Captain America, Daredevil) reprennent en main le personnage. Ils lui inventent une mythologie, en introduisant un concept génial: le pouvoir du "iron fist" existe en fait depuis toujours, et se passe de génération en génération (d'où le titre The Immortal Iron Fist). Chaque génération a son Iron Fist, champion de K'un L'un, vainqueur de Shou Lao. Cette idée toute simple se revèle diablement efficace: Danny Rand, le milliardaire désoeuvré, découvre qu'il est le dernier d'une longue lignée de champions, et cherche désormais à connaître l'histoire (souvent tragique) des "Iron Fist" qui l'ont précédé. Avec cet habile dispositif, les auteurs peuvent s'amuser à explorer l'histoire de tous les Iron Fist, à coup de flashbacks qui se déroulent pendant la Première Guerre Mondiale ou dans la Chine du Moyen Age...Chaque Iron Fist a utilisé son pouvoir de façon différente, parfois pour détruire, parfois pour guérir. Et chacun a défendu l'honneur de K'un L'un, une des Sept Cités Célestes, face aux champions des autres cités célestes. Pour résumer, on pourrait dire que Fraction et Brubaker ont transformé un mec qui faisait du kung fu en collants verts dans les ruelles de New York en Champion Eternel des Forces Du Bien dans leur Lutte contre les Forces Du Mal. Et ça a de la gueule!


Orson Randall, Iron Fist du début du XXème siècle, pendant la Première Guerre Mondiale


Bref, The Immortal Iron Fist est un des comics les plus excitants du moment. Les scénaristes ont eu une idée géniale, qui confère au personnage une épaisseur qu'il n'a jamais eu. L'histoire oscille entre le polar, le film de Bruce Lee et la science fiction ésotérique...c'est très raffraichissant. En ajoutant une dimension "cosmique" aux aventures de leur héros, les scénaristes se donnent la liberté d'être aussi fantaisistes qu'ils le veulent. Parfois, ça ressemble à du Largo Winch: Danny Rand, en civil, doit défendre son entreprise d'une OPA hostile tout en déjouant, en tant qu'Iron Fist, les pièges des assassins ninjas envoyés contre lui par la branche "armée" du conglomérat qui a lancé cette même OPA. Parfois, ça ressemble à Higlander: dans les épisodes à venir, Iron Fist va participer au tournoi des Champions des Sept Cités Célestes. Pour l'emporter, il doit découvrir la véritable étendue de son pouvoir, en s'inspirant de ce qu'on fait ses prédecesseurs (Il ne peut en rester qu'un!).


Une page du premier épisode, illustrée par David Aja


Et comment ne pas mentionner le dessin superbe de l'espagnol David Aja, capable de passer sans difficulté des ambiances urbaines, noires, aux décors "cosmiques" les plus fantasques. Les nombreux flashbacks sont illustrés par d'autres dessinateurs prestigieux, ce qui permet de mieux marquer les contrastes entre tous ces récits, et de mieux accentuer les différentes ambiances que l'on traverse (le film noir, les histoires de pirates chinois, la Première Guerre Mondiale...).


Bei Ming-Tian, Iron Fist en 1227, combat les Mongols dans un flashback illustré par Travel Foreman et Derek Fridolfs


The Immortal Iron Fist, c'est une success story comme seul le monde des comics américains le permet. Un personnage dont personne ne savait que faire trouve enfin sa voie, par le biais du pitch original d'un scénariste. Les grands personnages, les Superman, Batman, Spider-Man...ont été des succès immédiats qui n'ont jamais eu besoin d'être réinventés pour attirer les lecteurs. D'autres personnages en sont à leur cinquième "réinvention", et ne parviennent toujours pas à attirer un public fidèle et suffisamment nombreux pour garantir des ventes soutenues (Supergirl, Aquaman, le Surfer d'Argent...et plein d'autres). Et certains, comme Iron Fist, sont restés présents, en attendant qu'un mec trouve LE concept qui leur permettrait enfin de réaliser leur plein potentiel, LE moteur narratif inépuisable qui leur donnera enfin ce dont ils rêvent depuis le premier instant de leur existence: l'immortalité.


Du kung fu, des ninja, des mitrailleuses...que demande le peuple?


13.8.07

The Perfect Ending

Le morceau qui me fait tripper en ce moment: "The Perfect Ending" de Harriet Street.

J'ai découvert ce morceau dans les spots promo pour John From Cincinnati. C'est superbe, planant, et ça ressemble un peu à du Coldplay.

Le morceau peut être écouté et téléchargé sur leur page MySpace (eh ouais, ils ne sont pas encore assez connus pour avoir étés piratés!).

Quand à John From Cincinnati, on est à un épisode de la fin de la première saison, et je ne sais toujours pas si j'aime ou pas. Mais je continue à regarder, et à attendre le dernier épisode avec impatience.

2.8.07

Michaelangelo Antonioni (1912-2007)

Monica Vitti et Alain Delon dans L'éclipse

Michaelangelo Antonioni est mort le 30 juillet. Je l'ai découvert l'an dernier, grâce aux ressorties en salle de Blow-up et de Profession: reporter. Sa réputation était telle parmi les cinéphiles que j'avais un peu peur de l'aborder (j'avais surtout très peur que ses films soient très chiants. Ce qui n'était absolument pas le cas). Depuis que j'ai fait ce premier pas, ce cinéaste m'obsède. Visuellement, narrativement, ses films nous plongent dans des mondes étranges, autres. Il faut que je voie ses autres films. Il faut absolument que je rattrape mon retard!

Fish in the sea, you know how I feel...

Récemment, je me suis mis à regarder une nouvelle série très originale, John From Cincinnati récemment. Crée par David Milch (Deadwood), JfC parle de surf, de familles déglinguées, des liens invisibles qui existent entre les hommes, de Dieu...c'est un peu comme si quelqu'un avait décidé de prendre aux sérieux les élucubrations fumeuses de Bodhi sur la Vague, comme si David Lynch avait fait un remake de Point Break....
C'est très beau, très étrange, un peu prétentieux aussi. Je ne sais toujours pas vraiment ce que j'en pense. Mais je vais suivre cette affaire de près.

Voici son superbe générique. C'est beau, le surf.

31.7.07

Do. Or do not. There is no try.

Merci de m'aider à faire grossir ma ville virtuelle, Dagobah City, en cliquant sur le lien suivant:


Yoda vous dit merci.

L'image du jour:

Le premier teaser poster pour le film Watchmen, réalisé par Zack Snyder et adapté du chef-d'oeuvre d'Alan Moore. Avec un dessin réalisé par Dave Gibbons, l'artiste de la série d'origine, Snyder nous montre ce que sera le film Watchmen: une oeuvre 100% fidèle au matériau d'origine. J'espère que ça marchera. Ce poster est génial. Ca aurait presque pu être une couverture de la série.

A bientôt!

24.6.07

All the Trees of the Field Will Clap Their Hands

Eh ben voilà, c'est fait. J'ai franchi le pas, et j'ai acheté Seven Swans et Michigan. Comme je les ai achetés en même temps, et que je les écoute ensemble, ils se mélangent un peu dans ma tête. Je serai en mesure de mieux les commenter bientôt...

Il y a quand même une chose qui mérite d'être soulignée: musicalement et thématiquement, ces deux albums sont très proches. Sortis à un an d'intervalle, en 2003 et 2004, ils se complêtent. Avec Michigan, Stevens inaugure son projet de faire un album par état américain. Il commence donc naturellement par l'état qui l'a vu naître: le Michigan, un état du "Rust Belt" américain, sinistré par la désindustrialisation et la crise économique des années '70. Stevens en profite donc pour lier la grande Histoire et la petite, en mélangeant les morceaux plus personnels (sur son enfance, sur sa foi...) et les morceaux "locaux", qui décrivent les moments forts de l'histoire de l'état, ou ses monuments les plus connus. L'album s'ouvre d'ailleurs avec un morceau qui décrit Flint, une ville devenue le symbole de la crise, une ville si emblématique qu'elle a inspiré un scénario de SimCity 2000 - où l'on vous confie la gestion d'une ville avec l'objectif de le faire sortir de sa crise économique - et un documentaire qui a redéfini le genre. Le souvenir de cette crise flotte sur l'ensemble de l'album, ce qui explique son coté posé, calme...on trouve, ça et là, des instrumentations complexes et des mélodies enlevées, mais le tout reste très maîtrisé, sans excès. Cette retenue, c'est un moyen de reconnaître les difficultés du passé tout en exprimant un optimisme prudent par rapport à l'avenir.


Si Seven Swans ressemble à Michigan, c'est parce qu'il s'agit, là aussi, d'une oeuvre très personnelle. L'album est placé sous le signe de la foi. Stevens, sans être un fanatique, est un chrétien qui est fasciné par l'apport de la foi à sa culture personnelle, et à la culture occidentale en général. Il suffit d'écouter son dernier album, Songs for Christmas, un coffret de 5CD qui mélange reprises de chansons de Noël traditionnelles et compositions originales de Stevens, dont le but est d'explorer la signification de la fête de Noël aujourd'hui, entre le sacré et le profane, entre l'importance qu'a cette fête pour les chrétiens, et l'importance qu'elle a pour les magasins....
Les références religieuses, plus ou moins explicites, sont présentes dans tous ses albums (ça lui vaut parfois d'être estampillé "Christian folk" dans les classements musicaux américains). Dans Seven Swans, la foi est le sujet principal. Stevens s'interroge sur la valeur du sacrifice de JC, raconte certain passages de l'Ancien et du Nouveau Testament...Wikipédia l'explique mieux que moi. Cela donne un album plus dépouillé, plus simple, loin des orchestrations complexes de Michigan et d'Illinois. A l'image du morceau-phare, To Be Alone With You, cet album est porté par une assurance tranquille, une confiance en soi, en sa foi, qui est suffisamment forte pour être exprimée sans effets de style, sans excès. Au-delà de la musique, c'est sans doute ce qui me plaît le plus chez Sufjan Stevens: une approche décomplexée de la religion. Une foi assumée tranquillement, une foi qui envoie un message de paix, d'amour, et c'est tout. A une époque où il presque impossible de débattre sereinement sur ce qu'est la religion, c'est presque révolutionnaire d'avoir ce genre de posture assumée, décomplexée. On peut être croyant sans être un fou dangereux! Ca à l'air idiot comme ça, mais apparemment il y a des gens à qui il faut le rappeler.
[Je tiens quand même à préciser que je ne me considère pas vraiment comme un croyant, mais je suis fasciné par tout ce qui à trait à l'apport de la religion à la création culturelle...surtout à la création culturelle d'aujourd'hui!]

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Finalement, c'est plutôt approprié que j'écrive ces lignes un dimanche, le Jour du Seigneur!

;-)

13.6.07

I'm Rick James, bitch!

Voici une compilation de deux sketchs énormes, issus du Dave Chappelle Show, qui passait sur la chaîne Comedy Central il y a quelques années. L'humour décapant de Dave Chappelle fait toujours mouche, et tout particulièrement dans cette série de sketches intitulée "Charlie Murphy's True Hollywood Stories". Charlie Murphy, frère d'Eddie, raconte ses aventures dans les soirées du showbiz où il s'est incrusté grâce à son frère Eddie. Il nous raconte comment il s'est battu avec Rick James, et comment il a disputé un match de basket contre Prince. Murphy joue son propre rôle, et c'est Chappelle qui se déguise en Rick James ou Prince. Et c'est très très drôle. Le sketch avec Rick James est même devenu célèbre, et nous a donné la phrase-culte: "I'm Rick James, bitch!".

Et en guise d'épilogue, l'un des sketchs les plus énormes de Chappelle: l'histoire du klaniste noir.

A noter: Dave Chappelle a un petit rôle énorme dans Undercover Brother, un film que tout le monde devrait voir.

10.6.07

If there's anything to do...

Je ne savais pas qu'on pouvait autant émouvoir avec un banjo.

Allez, pour les ploucs, ya le même morceau avec une illustration visuelle un peu plus glamour: Marissa Cooper (Mischa Barton) dans The O.C....Ca fait toujours bizarre quand un truc un peu confidentiel est repris par une grosse machine américaine.

Pour info, ce superbe morceau minimaliste porte un nom maximaliste: For The Widows In Paradise, For The Fatherless In Ypsilanti. Je ne sais pas ce que le titre veut dire, mais le morceau est beau.

Sinon, une version acoustique de Chicago mis en images par un étudiant en ciné. Le clip est pas mal, et cette version du morceau, plutôt originale, se laisse tout à fait écouter!

9.6.07

To Be Alone With You

Ami lecteur, cela fait bien longtemps que je ne t'ai plus donné de mes nouvelles culturelles. Attention, cela ne veut en aucun dire que je n'ai rien lu/vu/entendu d'intéressant récemment (Dieu m'en garde!), mais simplement que je n'avais pas le temps. Il m'a fallu un certain temps pour m'ajuster à ma nouvelle vie d'homme actif.
Alors bon, parce qu'il est tard, mais que je tiens quand même à relancer la conversation (le monologue?), voici juste un coup de coeur musical. Après Illinois, je découvre le reste de l'oeuvre du génial Sufjan Stevens. Voici le morceau qui m'a marqué: To Be Alone With You. Grâce à la magie d'Internet, plusieurs solutions s'offrent à toi, ami lecteur, pour découvrir, en quelques clics, la beauté de ce morceau sublime...

Si tu es fan de séries américaines, t'aimerais peut-être les clips où le morceau est accompagné par la dernière série pour ados à la mode! Voici donc notre morceau accompagné par des images de Veronica Mars, une série prometteuse qui vient de ne pas être renouvelée.
Si tu es fan de cinéma amateur, voici un clip non-officiel de la chanson, avec des images de forêts, de bleds américains un peu paumés...des éléments qui doivent rappeler le Michigan natal de Sufjan...
Si tu es un puriste, pourquoi ne simplement pas écouter une version live du morceau, chantée par le maître lui-même?

Tout ceci ne répond pas pour autant à la question principale: pourquoi ce coup de coeur? Ca fait un moment que je connais cet artiste, et paradoxalement, je n'avais pas envie d'aller plus loin qu'Illinois, son 2ème album sur les états américains. Cet album est unanimement considéré comme son meilleur à ce jour: j'avais donc peur d'une déception en écoutant les autres. Grâce au ciel (alléluia!) je me suis bougé les fesses, et j'ai farfouillé sur RadioBlogClub pour découvrir d'autres morceaux de cet artiste que j'adore. To Be Alone With You, c'est celui qui m'est resté, et que j'écoute sans interruption depuis un certain moment. C'est du Sufjan Stevens light, un morceau simple, dépouillé, loin des orchestrations élaborées de son grand "tube", Chicago. To Be Alone With You, c'est un joli petit morceau, porté par une jolie petit mélodie, et par la voix éthérée de Sufjan. La force de ce morceau, c'est le contraste entre la douceur de la musique, de la voix, et la fermeté, la résolution que l'on trouve dans les paroles. Sufjan est tranquillement déterminé, prêt à tout, même à traverser le lac Michigan à la nage, to be alone with you. Pas un mot de trop, pas d'emphase déplacée...il sait, tout simplement, qu'il va atteindre son but. Il a confiance, il est déterminé. To Be Alone With You, ou l'expression de la force tranquille.

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Pour lire une interprétation intéressante de ce morceau (et de l'album dont il fait partie, Seven Swans), allez sur Wikipédia ! Où l'on découvre finalement que la force tranquille, c'est peut-être la foi...

23.4.07

Hold me close cause I want you to guide me to safety...

Finalement, la stratégie des marketeurs de Spider-Man 3 n'est pas si mauvaise. En témoigne le choix d'une chanson du groupe irlandais/écossais Snow Patrol pour être le single de la BO du film. Le single de la BO d'un film comme celui-là, c'est le morceau qu'on entend par-dessus le générique de fin. Vous voilà prévenus!
Snow Patrol, c'est un groupe de rock solide, pas forcément très original, mais qui excelle dans l'art des "power ballads", les morceaux de rock sur l'amour impossible, sur la fragilité des âmes sensibles, sur les mecs que la Vie ont brisé,...des morceaux où les bonnes grosses guitares servent à faire couler de bonnes grosses larmes sur les joues des ados. C'est un rock qui fait un calcul assez simpliste: plus il y a d'instruments, plus il y a de sentiments. Et c'est un rock qui a un certain succès aux Etats-Unis...

Snow Patrol, c'est un groupe dans la même veine que U2 et Coldplay, mais un cran en dessous musicalement...on aime écouter les singles, mais au fond on a pas forcément envie d'acheter l'album pour aller plus loin. C'est le genre de groupe dont on sait pertinemment le single est forcément le meilleur morceau de l'album, ce qui n'est jamais vraiment encourageant...Néanmoins, ils parviennent quand même à sortir à intervalle réguliers des morceaux plutôt accrocheurs qui font chialer: Spitting Games et Run il y a quelques années, Chasing Cars plus récemment.

Aux Etats-Unis, pour faire connaître ce genre de groupe, on place ses chansons dans des séries sentimentales, comme Smallville ou Les Frères Scott.
Exemple-type: The Calling, Wherever You Will Go, un one-hit wonder aux US et un des morceaux les plus entendus dans les séries américaines grand public pendant les années 2002-2003 (je le sais, j'y étais, j'en ai souffert, et maintenant je ne peux plus entendre cette chanson sans penser à Clark Kent et Lana Lang qui se regardent droit dans les yeux et n'arrivent pas à se comprendre)...Généralement, ça vient au moment de la confession, vers la fin de l'épisode, quand le mec explique à la nana que s'il a fait des conneries, c'est parce qu'il est sensible, et que la vie l'a brisé, et qu'il faut qu'elle lui pardonne tout...comme l'indique le titre de la chanson, la nana finira par suivre le mec partout où il ira...
Bref, la power ballad, c'est le morceau qui fait monter la sauce ("sortez les mouchoirs!"). Certaines séries sont mêmes réputées pour leur choix musicaux, et la façon intelligente dont ils utilisent cette musique. Chasing Cars, pour revenir à Snow Patrol, est le morceau qui porte un des derniers épisodes de la 2ème saison de Grey's Anatomy, et il faut bien reconnaître que le montage musical est superbement construit. Le morceau accompagne et amplifie l'intensité dramatique d'un épisode proprement apocalyptique. On entend un morceau sur un mec que la Vie a brisé pendant qu'a l'écran une nana va affronter les épreuves de la Vie (et la Vie, qu'est-ce qu'elle leur fait aux gens? Elle les...)...

On peut cependant faire encore mieux, et inclure ce type de morceau dans la B.O. dans un film grand public comme Spider-Man, le genre de film ou les effets spéciaux (les grosses guitares) côtoient les intrigues sentimentales (les grosses larmes). Bref, le bon dosage d'action et de sentiments que l'on trouve dans les films de super héros le rend tout à fait propice aux power ballads. Il suffit de repenser à Hero, de Chad Kroeger, single de Spidey 1. Chad Kroeger, qui a une belle tête de Jésus Christ, y chante à la gloire du héros qui doit sauver le monde (c'est un peu raté, le monde de Spider-Man s'arrête à Manhattan, avec quelques incursions dans le Queens, parfois). Le chanteur de Nickelback est aussi l'auteur d'une énorme power ballad, sorte d'hymne non-officiel du néo-métal: How you remind me, (encore) un morceau sur un mec que la Vie a brisé...(va-t-il finir par voter Sarko, pour retrouver sa dignité, relever la tête, tout ça?). Face à un tel pedigree, comment peut-on ne pas être ému?

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Bref, tout ça pour dire que mon coup de coeur musical du moment, et c'est de ça dont je voulais parler à la base, c'est Signal Fire de Snow Patrol. Non seulement le morceau est bien, mais son clip est assez malin. Plutôt que de passer des extraits du film entrecoupés d'images du groupe en train de jouer son morceau, ils ont imaginé une pièce de théâtre avec les meilleurs moments de Spider-Man 1&2, joués par des enfants en primaire. C'est plutôt décalé comme promo, et ça marche bien, notamment grâce à la voix très juvénile du chanteur.