17.9.07

This is Spartaaaaaa!

Cette pub est sublime:




C'est signé Michael Mann. La musique de la pub vient de la BO du "Dernier des Mohicans". En voyant une pub comme ça, on comprend bien comment 300 a cartonné aux USA.

Contrairement au rugby, le football américain est plus proche du spectacle que du sport: costumes, masques, confrontations brutales, sacrifices héroïques...tout les ingrédients sont là pour transformer le terrain en scène de théâtre. Cette pub insiste sur l'aspect mythologique du football, vécu comme un accomplissement de soi, comme une quête acharnée menée contre vents et marées, contre l'hostilité de la nature, contre les autres hommes qui se mettent en travers de notre chemin, et contre nos propres limites...

Le joueur est élevé au rang de demi-dieu. Tel Hercule, il accomplit 12 travaux (j'ai compté 12 placages/défonçages, si on s'en tient aux effets sonores). A travers les transitions fluides entre les deux joueurs, on a l'impression d'assister à une quête cyclique, répétitive, incertaine, infinie... Et puis soudain, tout ralenti, tout s'arrête, un bras s'étend, prêt à marquer le touchdown qui sauvera son équipe. Va-t-il y arriver? Sisyphe pourra-t-il enfin trouver le repos?

Bien que tout cela ne soit pas très original pour une publicité sportive, il est intéressant de voir à quel point le talent d'un réalisateur comme Michael Mann parvient à insuffler de la fraicheur à un de ses plus vieux clichés. Avec cette caméra qui reste très proche du joueur, tout en gardant une distance respectueuse - le joueur est tel un demi-dieu, que l'on côtoie sur le champ de bataille, mais que l'on ose pas approcher de trop près - et avec un montage qui cherche à créer une illusion de plan-séquence, une illusion de continuité, de flux, Mann inscrit son joueur dans une temporalité, dans la durée. Avec cette idée de durée vient la notion de l'effort fourni, du passage du temps, de la dégradation du corps. Il y a l'exploit (incertain), et avant, il y a la souffrance consentie (réelle, puisque vue par nous) pour accomplir cet exploit...et surtout, il y a ce (ces) mortel(s) pris dans le flux, poussé par quelque chose qu'il n'est pas sûr de contrôler...et là, on retrouve l'une des thématiques chères au cinéaste Michael Mann, celle de l'homme qui ne parvient plus à contrôler un monde qui lui échappe, qui va trop vite pour lui. La quête du joueur de football est-elle vraiment volontaire? Est-ce sa propre volonté qui le fait se relever sans réfléchir, qui le fait courir sans interruption d'un bout à l'autre du terrain? Ou bien est-il le jouet des puissances divines (son manager, son agent, ses sponsors...) qui contrôlent sa destinée?

Contrairement à un montage accéléré et saccadé à la sauce MTV dans les années '90, avec des images-choc diffusées de façon quasi-subliminale, des images d'exploits sans passé ni avenir, le montage de cette pub nous laisse le temps de vraiment ressentir l'ampleur de la tâche. Le fait que l'on rentre en plein dans l'action, et que l'on quitte nos héros avant qu'ils n'aboutissent au sacre annoncé ne fait qu'amplifier l'impression d'un cycle infernal.

L'image finale est spectaculaire sans l'être excessivement. Sa force vient avant tout de toutes les images qui l'ont précédée. L'accumulation de petits exploits crée (on l'espère) un grand exploit, crée l'illusion d'une action à la fois spectaculaire et pourtant à la portée de celui qui se donnera suffisamment de mal, qui ne "lâchera rien"(Leave nothing, c'est le nom du spot)... C'est l'exploit qu'accomplit Michael Mann dans ce spot: créer l'illusion d'une entreprise à la fois surhumaine et à la portée de tous. Un lieu magique où l'humain et le divin coexistent. Où s'arrête le génie humain et où commence l'inspiration divine?

Dans cette affaire, le plus drôle (voire le plus triste, c'est selon), c'est que les images de Mann ne sont pas très éloignées de la réalité. Le football professionnel est énorme machine à broyer les hommes, qui pulvérise plus ou moins rapidement ceux qui le pratiquent au plus niveau. Pressions physiologiques énormes, stéroïdes...le football américain, plus que beaucoup d'autres sports, broie les hommes, les vieillit prématurément, les enterre prématurément. Il y a bien des sacrifiés sur l'autel du football américain, qu'on oublie très vite, parce que bon, hein, "the show must go on". Ils sont adulés comme des demi-dieux, mais ils sont bien vites relégués à leur statut de simple mortel avec les inévitables blessures et addictions en tous genres... N'est pas Achille qui veut!

Pour en savoir un peu plus sur le sujet, pour voir des belles images bien énormes de football brutal, pour voir un bon film cynique sur un sport cynique, foncez vous procurer l'excellent Any Given Sunday, d'Oliver Stone, que je décrirais tout simplement comme l'Apocalypse Now du football américain.

24.8.07

L'archange immatériel : le Surfer d'Argent et les Quatre Fantastiques

Voici un post que j'avais entamé il y a plusieurs semaines, sans vraiment le terminer. Depuis, le film est sorti, et je l'ai vu. Donc je vous donne mes impressions avant de voir le film, et à la fin je fais une critique du film.


Dans une semaine sort le nouvel épisode dans la série des 4
Fantastiques: Les 4F et le Surfer d'Argent. J'irais le voir, par fidelité envers les comics, dans l'espoir de voir de belles images, mais sans grande conviction. La raison principale de mon absence d'enthousiasme? Le réalisateur. Le studio a confié les rênes de cette tâche monumentale à Tim Story, un faiseur, un tâcheron sans autre ambition que de satisfaire ses patrons (c'est-à-dire faire un film qui rapporte des millions sans faire de vagues). Après l'échec critique et commercial - un échec très relatif, puisque le film a quand même rapporté plusieurs dizaines de millions de dollars au B.O. - de Hulk, Marvel a décidé qu'il ne fallait plus confier ses personnages à des réalisateurs de talent, de peur que ceux-ci "détournent" les films pour mieux les intégrer à leur oeuvre.

Hulk, le film qui sonna le glas de la prise de risques chez Marvel?

Je veux bien admettre que Ang Lee soit peut-être allé trop loin dans sa ré-imagination du personnage de Hulk (en modifiant l'origine de son pouvoir, de façon à transformer son histoire en tragédie grecque), ce qui a dérouté tout le monde, mais je trouve que Hulk est un film incroyable, un film à part, un OVNI dans la galaxie des adaptations ciné des personnages Marvel. C'est un film complêtement délirant, schizophrénique, qui concilie introspection psychologique et destruction de tanks. Pour moi, c'est de loin le plus "intéressant" des films Marvel, et celui pour lequel j'ai le plus d'affection.
Bref, depuis qu'Ang Lee a tenté de fusionner les cinémas d'Ingmar Bergman et Michael Bay dans un seul film, Marvel ne prend plus de risques. Exit les fortes personnalités comme Bryan Singer et Sam Raimi ou Guillermo del Toro, on préfère les faiseurs comme Rob Bowman (Electra), Mark Steven Johnson (Ghost Rider), ou Tim Story (qui s'est fait connaître grâce au film-sitcom de blacks Barbershop et le remake américain de Taxi...).

Les Quatre Fantastiques dessinées par le roi des comics, Jack "The King" Kirby

Je n'ai pas vu le premier film de la série des 4F. J'en avais rien à faire, les critiques étaient pas fameuses. Pire encore, on a appris qu'après avoir vu Les Indestructibles, qui empruntait énormément d'éléments aux 4F, l'équipe du film a décidé de tourner une nouvelle fin pour que celle-ci soit plus spectaculaire ! Tout ça ne présageait rien de bon. Et pour finir, la goute d'eau qui à fait déborder le vase: le choix ridicule, absurde, de Jessica Alba pour incarner Sue Storm. Non, vraiment, rien à faire, ce film je ne le verrai pas.

Avec la suite, ça devient plus grave. Les auteurs ont décidé de faire appel à un personnage légendaire, le Surfer d'Argent. Son arrivée dans la série originale des 4F est considérée comme un des moments classiques dans l'histoire des comics. Avec le génial Stan Lee (scénar) et le légendaire Jack Kirby (dessins) aux manettes, les 4 Fantastiques est alors devenue "the world's greatest comic book", comme le promettait le slogan sur la couverture de chaque numéro. L'âge d'argent des comics avait commencé...

Silver Surfer se rebelle contre son maître Galactus dans Marvels, l'hommage rendu par Alex Ross et Kurt Busiek à l'Age d'Or de Marvel

Tout ça pour dire qu'on touche à quelque chose de sacré en s'attaquant au Surfer, et à son maître, l'incroyable Galactus, le "dévoreur de mondes" (une créature qui mange des planètes...ça, il fallait y penser). Le Surfer est lié historiquement aux Fantastiques, mais il a eu, à divers moments de son existence, sa propre série en solo. On pouvait donc l'introduire dans la saga des 4F, tout comme on aurait pu lui consacrer un film entier. A une époque, des rumeurs circulaient sur la possible adaptation cinématographique de ses aventures avec David O. Russell (Three Kings) à la réalisation. J'aurais adoré voir ce film-là. Malheureusement, dans la vie les choses ne vont pas toujours comme on le souhaiterai. A la place de la zen-attitude chaotique d'un Russell, on doit subir les fayoteries corporate de Tim Story pour s'attaquer à la plus sacrée des sagas. C'est un peu comme si on demandait à Michaël Youn d'incarner le général de Gaulle. Beurk.

Le Surfer d'Argent, un personnage tellement emblématique qu'il a inspiré des auteurs étrangers: Parable, écrit par Stan Lee et dessiné par Moebius (L'incal)

Ayant vu le film, je peux le dire: la franchise des Quatre Fantastiques est un énorme gâchis. J'ai vu le film il y a quelques semaines, et je ne m'en souviens plus. Le film n'a aucun intérêt. Ca fait mal de voir aussi peu d'ambition dans l'adaptation d'un des récits les plus ambitieux de Stan Lee et Jack Kirby. Le manque d'ambition de ce film est partout: dans un poster de film nullissime (on dirait un mauvais Photoshop)...


...dans une mise en scène passe-partout, dans une direction d'acteurs inexistante (je ne me remets toujours pas du choix de Jessica Alba, ce trou noir de talent), et surtout, une absence monstrueuse d'ambition qui se traduit dans le choix de na pas faire apparaître Galactus, le Dévoreur de Mondes. A la place, on a droit à un gros nuage qui détruit tout. C'est nul. Nul nul nul. Impossible de ne pas penser à Spider-Man ou X-Men pendant que je regardais le film. Le problème, c'est que le film de Tim Story ne peut pas survivre à une telle comparaison: que peut faire le conservateur et ultrachiant 4F face à l'inventivité exacerbée et à l'enthousiasme débridé de Spider-Man, face à la rigueur et au dynamisme de X-Men? Réponse: rien. Quel énorme gâchis.

Le vrai visage de Galactus, le Dévoreur de Mondes: un géant sans pitié

Je vous laisse avec le Surfer, qui cherche à nous mettre en garde, nous les Hommes, contre notre folie à essayer d'adapter ses aventures sans se donner les moyens de le faire correctement. Et dessiné par Jack Kirby, of course!


17.8.07

Voici une affiche géniale. Et ça, c'est la vérité, bébé !

L'affiche du film Michael Clayton, un thriller avec George Clooney, réalisé par Tony Gilroy, le scénariste de la série Bourne Identity/Supremacy/Ultimatum.

Cette affiche est très réussie, elle me donne envie de voir ce film. D'autant plus qu'au fond, cette affiche va plus loin que le film: devant une phrase pareille, comment ne pas penser à la politique américaine actuelle, à cette guerre qu'on a cherché à gagner à coups de slogans machos et qu'on est en train de perdre sur le terrain? "The truth can be adjusted": voilà le genre de truc qu'un néo-con serait capable de dire. Bande de connards.

Je ne sais pas si ce film est bon ou pas (je suis plutôt optimiste au vu du pedigree), mais j'apprécie le fait qu'il suscite une réflexion à la simple vision de l'affiche. Une fois de plus, on bien obligé de reconnaître qu'en temps de troubles, la création artistique est stimulée et stimulante. Plus le monde va mal, plus l'Art va bien.
"May you live in interesting times", comme le dit l'expression. Mais s'agit-il d'une bénédiction ou d'une malédiction?

16.8.07

The Immortal Iron Fist

En me baladant sur Amazon, je suis tombé sur le premier volume de la nouvelle série solo du super-héros Iron Fist, édité par Marvel Comics. J'ai eu envie d'écrire un petit commentaire sur la page Amazon.fr du bouquin. Evidemment, je n'étais pas satisfait de ce que j'ai soumis à Amazon (qui sait, le commentaire va peut-être apparaître sur la page quand même!), donc je me suis dit que j'allais développer un peu le sujet sur ce blog. J'espère que j'arriverais à susciter votre intérêt pour cette BD formidable!


La plus grande force des éditeurs de comics américains comme Marvel ou DC, c'est leur réservoir inépuisable de personnages disponibles, crées au fil de leurs 70 années d'existence. Pour chaque personnage légendaire crée par ces vénérables maisons (Superman et Batman pour DC Comics, Spider-Man, les X-Men et Hulk pour Marvel), il existe des dizaines de personnages vites tombés dans l'oubli parce que pas assez distinctifs et/ou populaires.
Il existe aussi des personnages de seconde, voire de troisième zone, qui sont populaires, qui gravitent dans l'univers et qu'on voit de temps à autre. Ils sont populaires, mais pas assez pour avoir droit à leur série d'aventures en solo.

La première apparition d'Iron Fist, en 1974


Iron Fist est un de ces personnages. Crée dans les années 70 pour surfer sur la vague du kung fu, très populaire aux US à cette époque, le comics raconte les aventures de Danny Rand, alias Iron Fist, un jeune millionaire qui trompe son ennui en utilisant ses talents d'artiste martial au service du Bien. Il pratique un kung fu fondé sur une énergie mystique (son chi) qu'il concentre dans son poing, son "Iron Fist". Ce pouvoir lui à été conféré "après qu'il eu vaincu le terrible dragon Shou Lao, et plongé sa main dans le coeur du monstre". Bon, c'est vrai que ça ressemble un peu à une version orientale des aventures d'un certain Siegfried.



Comme origine pour un super-héros, on a déjà vu plus...original. Très vite, le personnage fut relégué a des apparitions ponctuelles (et généralement humoristiques) dans les séries plus prestigieuses de Marvel (Iron Fist fait surtout des apparitions dans Daredevil et Spider-Man). Bref, c'était un personnage populaire, sympathique, mais pas très puissant, un peu difficile à prendre au sérieux...C'est pas tout les jours qu'on invente des personnages au potentiel narratif aussi fort que Spider-Man ou les X-Men!



Et tout d'un coup, tout bascule: deux étoiles montantes chez Marvel, les géniaux scénaristes Matt Fraction (Casanova) et Ed Brubaker (Captain America, Daredevil) reprennent en main le personnage. Ils lui inventent une mythologie, en introduisant un concept génial: le pouvoir du "iron fist" existe en fait depuis toujours, et se passe de génération en génération (d'où le titre The Immortal Iron Fist). Chaque génération a son Iron Fist, champion de K'un L'un, vainqueur de Shou Lao. Cette idée toute simple se revèle diablement efficace: Danny Rand, le milliardaire désoeuvré, découvre qu'il est le dernier d'une longue lignée de champions, et cherche désormais à connaître l'histoire (souvent tragique) des "Iron Fist" qui l'ont précédé. Avec cet habile dispositif, les auteurs peuvent s'amuser à explorer l'histoire de tous les Iron Fist, à coup de flashbacks qui se déroulent pendant la Première Guerre Mondiale ou dans la Chine du Moyen Age...Chaque Iron Fist a utilisé son pouvoir de façon différente, parfois pour détruire, parfois pour guérir. Et chacun a défendu l'honneur de K'un L'un, une des Sept Cités Célestes, face aux champions des autres cités célestes. Pour résumer, on pourrait dire que Fraction et Brubaker ont transformé un mec qui faisait du kung fu en collants verts dans les ruelles de New York en Champion Eternel des Forces Du Bien dans leur Lutte contre les Forces Du Mal. Et ça a de la gueule!


Orson Randall, Iron Fist du début du XXème siècle, pendant la Première Guerre Mondiale


Bref, The Immortal Iron Fist est un des comics les plus excitants du moment. Les scénaristes ont eu une idée géniale, qui confère au personnage une épaisseur qu'il n'a jamais eu. L'histoire oscille entre le polar, le film de Bruce Lee et la science fiction ésotérique...c'est très raffraichissant. En ajoutant une dimension "cosmique" aux aventures de leur héros, les scénaristes se donnent la liberté d'être aussi fantaisistes qu'ils le veulent. Parfois, ça ressemble à du Largo Winch: Danny Rand, en civil, doit défendre son entreprise d'une OPA hostile tout en déjouant, en tant qu'Iron Fist, les pièges des assassins ninjas envoyés contre lui par la branche "armée" du conglomérat qui a lancé cette même OPA. Parfois, ça ressemble à Higlander: dans les épisodes à venir, Iron Fist va participer au tournoi des Champions des Sept Cités Célestes. Pour l'emporter, il doit découvrir la véritable étendue de son pouvoir, en s'inspirant de ce qu'on fait ses prédecesseurs (Il ne peut en rester qu'un!).


Une page du premier épisode, illustrée par David Aja


Et comment ne pas mentionner le dessin superbe de l'espagnol David Aja, capable de passer sans difficulté des ambiances urbaines, noires, aux décors "cosmiques" les plus fantasques. Les nombreux flashbacks sont illustrés par d'autres dessinateurs prestigieux, ce qui permet de mieux marquer les contrastes entre tous ces récits, et de mieux accentuer les différentes ambiances que l'on traverse (le film noir, les histoires de pirates chinois, la Première Guerre Mondiale...).


Bei Ming-Tian, Iron Fist en 1227, combat les Mongols dans un flashback illustré par Travel Foreman et Derek Fridolfs


The Immortal Iron Fist, c'est une success story comme seul le monde des comics américains le permet. Un personnage dont personne ne savait que faire trouve enfin sa voie, par le biais du pitch original d'un scénariste. Les grands personnages, les Superman, Batman, Spider-Man...ont été des succès immédiats qui n'ont jamais eu besoin d'être réinventés pour attirer les lecteurs. D'autres personnages en sont à leur cinquième "réinvention", et ne parviennent toujours pas à attirer un public fidèle et suffisamment nombreux pour garantir des ventes soutenues (Supergirl, Aquaman, le Surfer d'Argent...et plein d'autres). Et certains, comme Iron Fist, sont restés présents, en attendant qu'un mec trouve LE concept qui leur permettrait enfin de réaliser leur plein potentiel, LE moteur narratif inépuisable qui leur donnera enfin ce dont ils rêvent depuis le premier instant de leur existence: l'immortalité.


Du kung fu, des ninja, des mitrailleuses...que demande le peuple?


13.8.07

The Perfect Ending

Le morceau qui me fait tripper en ce moment: "The Perfect Ending" de Harriet Street.

J'ai découvert ce morceau dans les spots promo pour John From Cincinnati. C'est superbe, planant, et ça ressemble un peu à du Coldplay.

Le morceau peut être écouté et téléchargé sur leur page MySpace (eh ouais, ils ne sont pas encore assez connus pour avoir étés piratés!).

Quand à John From Cincinnati, on est à un épisode de la fin de la première saison, et je ne sais toujours pas si j'aime ou pas. Mais je continue à regarder, et à attendre le dernier épisode avec impatience.

2.8.07

Michaelangelo Antonioni (1912-2007)

Monica Vitti et Alain Delon dans L'éclipse

Michaelangelo Antonioni est mort le 30 juillet. Je l'ai découvert l'an dernier, grâce aux ressorties en salle de Blow-up et de Profession: reporter. Sa réputation était telle parmi les cinéphiles que j'avais un peu peur de l'aborder (j'avais surtout très peur que ses films soient très chiants. Ce qui n'était absolument pas le cas). Depuis que j'ai fait ce premier pas, ce cinéaste m'obsède. Visuellement, narrativement, ses films nous plongent dans des mondes étranges, autres. Il faut que je voie ses autres films. Il faut absolument que je rattrape mon retard!

Fish in the sea, you know how I feel...

Récemment, je me suis mis à regarder une nouvelle série très originale, John From Cincinnati récemment. Crée par David Milch (Deadwood), JfC parle de surf, de familles déglinguées, des liens invisibles qui existent entre les hommes, de Dieu...c'est un peu comme si quelqu'un avait décidé de prendre aux sérieux les élucubrations fumeuses de Bodhi sur la Vague, comme si David Lynch avait fait un remake de Point Break....
C'est très beau, très étrange, un peu prétentieux aussi. Je ne sais toujours pas vraiment ce que j'en pense. Mais je vais suivre cette affaire de près.

Voici son superbe générique. C'est beau, le surf.

31.7.07

Do. Or do not. There is no try.

Merci de m'aider à faire grossir ma ville virtuelle, Dagobah City, en cliquant sur le lien suivant:


Yoda vous dit merci.

L'image du jour:

Le premier teaser poster pour le film Watchmen, réalisé par Zack Snyder et adapté du chef-d'oeuvre d'Alan Moore. Avec un dessin réalisé par Dave Gibbons, l'artiste de la série d'origine, Snyder nous montre ce que sera le film Watchmen: une oeuvre 100% fidèle au matériau d'origine. J'espère que ça marchera. Ce poster est génial. Ca aurait presque pu être une couverture de la série.

A bientôt!

24.6.07

All the Trees of the Field Will Clap Their Hands

Eh ben voilà, c'est fait. J'ai franchi le pas, et j'ai acheté Seven Swans et Michigan. Comme je les ai achetés en même temps, et que je les écoute ensemble, ils se mélangent un peu dans ma tête. Je serai en mesure de mieux les commenter bientôt...

Il y a quand même une chose qui mérite d'être soulignée: musicalement et thématiquement, ces deux albums sont très proches. Sortis à un an d'intervalle, en 2003 et 2004, ils se complêtent. Avec Michigan, Stevens inaugure son projet de faire un album par état américain. Il commence donc naturellement par l'état qui l'a vu naître: le Michigan, un état du "Rust Belt" américain, sinistré par la désindustrialisation et la crise économique des années '70. Stevens en profite donc pour lier la grande Histoire et la petite, en mélangeant les morceaux plus personnels (sur son enfance, sur sa foi...) et les morceaux "locaux", qui décrivent les moments forts de l'histoire de l'état, ou ses monuments les plus connus. L'album s'ouvre d'ailleurs avec un morceau qui décrit Flint, une ville devenue le symbole de la crise, une ville si emblématique qu'elle a inspiré un scénario de SimCity 2000 - où l'on vous confie la gestion d'une ville avec l'objectif de le faire sortir de sa crise économique - et un documentaire qui a redéfini le genre. Le souvenir de cette crise flotte sur l'ensemble de l'album, ce qui explique son coté posé, calme...on trouve, ça et là, des instrumentations complexes et des mélodies enlevées, mais le tout reste très maîtrisé, sans excès. Cette retenue, c'est un moyen de reconnaître les difficultés du passé tout en exprimant un optimisme prudent par rapport à l'avenir.


Si Seven Swans ressemble à Michigan, c'est parce qu'il s'agit, là aussi, d'une oeuvre très personnelle. L'album est placé sous le signe de la foi. Stevens, sans être un fanatique, est un chrétien qui est fasciné par l'apport de la foi à sa culture personnelle, et à la culture occidentale en général. Il suffit d'écouter son dernier album, Songs for Christmas, un coffret de 5CD qui mélange reprises de chansons de Noël traditionnelles et compositions originales de Stevens, dont le but est d'explorer la signification de la fête de Noël aujourd'hui, entre le sacré et le profane, entre l'importance qu'a cette fête pour les chrétiens, et l'importance qu'elle a pour les magasins....
Les références religieuses, plus ou moins explicites, sont présentes dans tous ses albums (ça lui vaut parfois d'être estampillé "Christian folk" dans les classements musicaux américains). Dans Seven Swans, la foi est le sujet principal. Stevens s'interroge sur la valeur du sacrifice de JC, raconte certain passages de l'Ancien et du Nouveau Testament...Wikipédia l'explique mieux que moi. Cela donne un album plus dépouillé, plus simple, loin des orchestrations complexes de Michigan et d'Illinois. A l'image du morceau-phare, To Be Alone With You, cet album est porté par une assurance tranquille, une confiance en soi, en sa foi, qui est suffisamment forte pour être exprimée sans effets de style, sans excès. Au-delà de la musique, c'est sans doute ce qui me plaît le plus chez Sufjan Stevens: une approche décomplexée de la religion. Une foi assumée tranquillement, une foi qui envoie un message de paix, d'amour, et c'est tout. A une époque où il presque impossible de débattre sereinement sur ce qu'est la religion, c'est presque révolutionnaire d'avoir ce genre de posture assumée, décomplexée. On peut être croyant sans être un fou dangereux! Ca à l'air idiot comme ça, mais apparemment il y a des gens à qui il faut le rappeler.
[Je tiens quand même à préciser que je ne me considère pas vraiment comme un croyant, mais je suis fasciné par tout ce qui à trait à l'apport de la religion à la création culturelle...surtout à la création culturelle d'aujourd'hui!]

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Finalement, c'est plutôt approprié que j'écrive ces lignes un dimanche, le Jour du Seigneur!

;-)

13.6.07

I'm Rick James, bitch!

Voici une compilation de deux sketchs énormes, issus du Dave Chappelle Show, qui passait sur la chaîne Comedy Central il y a quelques années. L'humour décapant de Dave Chappelle fait toujours mouche, et tout particulièrement dans cette série de sketches intitulée "Charlie Murphy's True Hollywood Stories". Charlie Murphy, frère d'Eddie, raconte ses aventures dans les soirées du showbiz où il s'est incrusté grâce à son frère Eddie. Il nous raconte comment il s'est battu avec Rick James, et comment il a disputé un match de basket contre Prince. Murphy joue son propre rôle, et c'est Chappelle qui se déguise en Rick James ou Prince. Et c'est très très drôle. Le sketch avec Rick James est même devenu célèbre, et nous a donné la phrase-culte: "I'm Rick James, bitch!".

Et en guise d'épilogue, l'un des sketchs les plus énormes de Chappelle: l'histoire du klaniste noir.

A noter: Dave Chappelle a un petit rôle énorme dans Undercover Brother, un film que tout le monde devrait voir.

10.6.07

If there's anything to do...

Je ne savais pas qu'on pouvait autant émouvoir avec un banjo.

Allez, pour les ploucs, ya le même morceau avec une illustration visuelle un peu plus glamour: Marissa Cooper (Mischa Barton) dans The O.C....Ca fait toujours bizarre quand un truc un peu confidentiel est repris par une grosse machine américaine.

Pour info, ce superbe morceau minimaliste porte un nom maximaliste: For The Widows In Paradise, For The Fatherless In Ypsilanti. Je ne sais pas ce que le titre veut dire, mais le morceau est beau.

Sinon, une version acoustique de Chicago mis en images par un étudiant en ciné. Le clip est pas mal, et cette version du morceau, plutôt originale, se laisse tout à fait écouter!

9.6.07

To Be Alone With You

Ami lecteur, cela fait bien longtemps que je ne t'ai plus donné de mes nouvelles culturelles. Attention, cela ne veut en aucun dire que je n'ai rien lu/vu/entendu d'intéressant récemment (Dieu m'en garde!), mais simplement que je n'avais pas le temps. Il m'a fallu un certain temps pour m'ajuster à ma nouvelle vie d'homme actif.
Alors bon, parce qu'il est tard, mais que je tiens quand même à relancer la conversation (le monologue?), voici juste un coup de coeur musical. Après Illinois, je découvre le reste de l'oeuvre du génial Sufjan Stevens. Voici le morceau qui m'a marqué: To Be Alone With You. Grâce à la magie d'Internet, plusieurs solutions s'offrent à toi, ami lecteur, pour découvrir, en quelques clics, la beauté de ce morceau sublime...

Si tu es fan de séries américaines, t'aimerais peut-être les clips où le morceau est accompagné par la dernière série pour ados à la mode! Voici donc notre morceau accompagné par des images de Veronica Mars, une série prometteuse qui vient de ne pas être renouvelée.
Si tu es fan de cinéma amateur, voici un clip non-officiel de la chanson, avec des images de forêts, de bleds américains un peu paumés...des éléments qui doivent rappeler le Michigan natal de Sufjan...
Si tu es un puriste, pourquoi ne simplement pas écouter une version live du morceau, chantée par le maître lui-même?

Tout ceci ne répond pas pour autant à la question principale: pourquoi ce coup de coeur? Ca fait un moment que je connais cet artiste, et paradoxalement, je n'avais pas envie d'aller plus loin qu'Illinois, son 2ème album sur les états américains. Cet album est unanimement considéré comme son meilleur à ce jour: j'avais donc peur d'une déception en écoutant les autres. Grâce au ciel (alléluia!) je me suis bougé les fesses, et j'ai farfouillé sur RadioBlogClub pour découvrir d'autres morceaux de cet artiste que j'adore. To Be Alone With You, c'est celui qui m'est resté, et que j'écoute sans interruption depuis un certain moment. C'est du Sufjan Stevens light, un morceau simple, dépouillé, loin des orchestrations élaborées de son grand "tube", Chicago. To Be Alone With You, c'est un joli petit morceau, porté par une jolie petit mélodie, et par la voix éthérée de Sufjan. La force de ce morceau, c'est le contraste entre la douceur de la musique, de la voix, et la fermeté, la résolution que l'on trouve dans les paroles. Sufjan est tranquillement déterminé, prêt à tout, même à traverser le lac Michigan à la nage, to be alone with you. Pas un mot de trop, pas d'emphase déplacée...il sait, tout simplement, qu'il va atteindre son but. Il a confiance, il est déterminé. To Be Alone With You, ou l'expression de la force tranquille.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Pour lire une interprétation intéressante de ce morceau (et de l'album dont il fait partie, Seven Swans), allez sur Wikipédia ! Où l'on découvre finalement que la force tranquille, c'est peut-être la foi...

23.4.07

Hold me close cause I want you to guide me to safety...

Finalement, la stratégie des marketeurs de Spider-Man 3 n'est pas si mauvaise. En témoigne le choix d'une chanson du groupe irlandais/écossais Snow Patrol pour être le single de la BO du film. Le single de la BO d'un film comme celui-là, c'est le morceau qu'on entend par-dessus le générique de fin. Vous voilà prévenus!
Snow Patrol, c'est un groupe de rock solide, pas forcément très original, mais qui excelle dans l'art des "power ballads", les morceaux de rock sur l'amour impossible, sur la fragilité des âmes sensibles, sur les mecs que la Vie ont brisé,...des morceaux où les bonnes grosses guitares servent à faire couler de bonnes grosses larmes sur les joues des ados. C'est un rock qui fait un calcul assez simpliste: plus il y a d'instruments, plus il y a de sentiments. Et c'est un rock qui a un certain succès aux Etats-Unis...

Snow Patrol, c'est un groupe dans la même veine que U2 et Coldplay, mais un cran en dessous musicalement...on aime écouter les singles, mais au fond on a pas forcément envie d'acheter l'album pour aller plus loin. C'est le genre de groupe dont on sait pertinemment le single est forcément le meilleur morceau de l'album, ce qui n'est jamais vraiment encourageant...Néanmoins, ils parviennent quand même à sortir à intervalle réguliers des morceaux plutôt accrocheurs qui font chialer: Spitting Games et Run il y a quelques années, Chasing Cars plus récemment.

Aux Etats-Unis, pour faire connaître ce genre de groupe, on place ses chansons dans des séries sentimentales, comme Smallville ou Les Frères Scott.
Exemple-type: The Calling, Wherever You Will Go, un one-hit wonder aux US et un des morceaux les plus entendus dans les séries américaines grand public pendant les années 2002-2003 (je le sais, j'y étais, j'en ai souffert, et maintenant je ne peux plus entendre cette chanson sans penser à Clark Kent et Lana Lang qui se regardent droit dans les yeux et n'arrivent pas à se comprendre)...Généralement, ça vient au moment de la confession, vers la fin de l'épisode, quand le mec explique à la nana que s'il a fait des conneries, c'est parce qu'il est sensible, et que la vie l'a brisé, et qu'il faut qu'elle lui pardonne tout...comme l'indique le titre de la chanson, la nana finira par suivre le mec partout où il ira...
Bref, la power ballad, c'est le morceau qui fait monter la sauce ("sortez les mouchoirs!"). Certaines séries sont mêmes réputées pour leur choix musicaux, et la façon intelligente dont ils utilisent cette musique. Chasing Cars, pour revenir à Snow Patrol, est le morceau qui porte un des derniers épisodes de la 2ème saison de Grey's Anatomy, et il faut bien reconnaître que le montage musical est superbement construit. Le morceau accompagne et amplifie l'intensité dramatique d'un épisode proprement apocalyptique. On entend un morceau sur un mec que la Vie a brisé pendant qu'a l'écran une nana va affronter les épreuves de la Vie (et la Vie, qu'est-ce qu'elle leur fait aux gens? Elle les...)...

On peut cependant faire encore mieux, et inclure ce type de morceau dans la B.O. dans un film grand public comme Spider-Man, le genre de film ou les effets spéciaux (les grosses guitares) côtoient les intrigues sentimentales (les grosses larmes). Bref, le bon dosage d'action et de sentiments que l'on trouve dans les films de super héros le rend tout à fait propice aux power ballads. Il suffit de repenser à Hero, de Chad Kroeger, single de Spidey 1. Chad Kroeger, qui a une belle tête de Jésus Christ, y chante à la gloire du héros qui doit sauver le monde (c'est un peu raté, le monde de Spider-Man s'arrête à Manhattan, avec quelques incursions dans le Queens, parfois). Le chanteur de Nickelback est aussi l'auteur d'une énorme power ballad, sorte d'hymne non-officiel du néo-métal: How you remind me, (encore) un morceau sur un mec que la Vie a brisé...(va-t-il finir par voter Sarko, pour retrouver sa dignité, relever la tête, tout ça?). Face à un tel pedigree, comment peut-on ne pas être ému?

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Bref, tout ça pour dire que mon coup de coeur musical du moment, et c'est de ça dont je voulais parler à la base, c'est Signal Fire de Snow Patrol. Non seulement le morceau est bien, mais son clip est assez malin. Plutôt que de passer des extraits du film entrecoupés d'images du groupe en train de jouer son morceau, ils ont imaginé une pièce de théâtre avec les meilleurs moments de Spider-Man 1&2, joués par des enfants en primaire. C'est plutôt décalé comme promo, et ça marche bien, notamment grâce à la voix très juvénile du chanteur.

22.4.07

Is there anybody out there?

J'aime le rock progressif. J'apprécie beaucoup de genres musicaux différents, mais si je devais n'en choisir qu'un seul, ce serait le rock progressif. J'adore les morceaux de rock qui durent 20 minutes, et qui racontent des histoires complêtement délirantes sur fond d'effets sonores de ruisseaux et de mouettes. J'aime le rock progressif parce qu'il raconte une histoire.

Dans le rock progressif, il y a un concept-roi, celui de "l'album concept": un album de chansons autour d'un même thême, d'une même histoire. Les concept albums, sont des oeuvres d'art entières, des productions musicales où chaque morceau doit jouer son rôle pour faire avancer une histoire ou explorer un thême donné. C'est très ambitieux de vouloir faire un concept album, et ça ne marche pas toujours parfaitement. Parfois, on a affaire à des "demi albums concept", comme Duke de Genesis ou Funeral d'Arcade Fire.

Voici, selon moi, les meilleurs albums concept:

Dark Side of the Moon (1973), de Pink Floyd

Le concept-album ultime. Le chef-d'oeuvre d'un groupe légendaire. Dark Side of the Moon est une exploration de la vie des hommes du XXème siècle. Tous les thèmes majeurs y sont abordés: le passage du temps (Time), l'influence de l'argent (Money), les conflits entre humains (Us and them), la jouissance (The great gig in the sly, un incroyable orgasme musical), la folie (Brain Damage)...Thématiquement, ça reste donc assez général. Musicalement, l'album est parfait: les morceaux s'enchaînent sans le moindre problème pour former un seul long morceau de 40 minutes. Certains morceaux surprennent par leur avant-gardisme (On the run, c'est de la techno!), d'autres par leur beauté extraordinaire (jamais on avait articulé, de façon aussi belle et aussi déséspérée, le passage du temps, que dans Time). Dark Side of the Moon, c'est l'apogée créative de Pink Floyd. Un album parfait.

OK Computer (1997), de Radiohead

Si on cherche un successeur à Dark Side of the Moon, on tombe forcément sur OK Computer. Sorti par Radiohead en 1997, OK Computer nous offre une exploration du monde moderne, en abordant des "grands thèmes" tels que le progrès technologique (Airbag), le confort moderne (Fitter Happier), la vie en société (Paranoid Android), le politiquement correct (Karma Police), la politique-spectacle (Electioneering) et, bien sur, la folie (Climbing up the walls)...Si les thèmes abordés ne sont pas forcément aussi évidents à observer que ceux de Dark Side of the Moon, la cohérence musicale, elle, est bien présente. Ecouter OK Computer, c'est plonger dans un monde bizarre, qui ressemble au nôtre, où le rock classique et l'électro se rejoignent. OK Computer, c'est une entrée dans un nouvel univers, rempli d'espoir et de tristesse. Radiohead s'adresse à la génération '90, celle qui est consciente du cynisme de ses pères, mais qui choisit d'espérer, et de croire en un avenir meilleur. Une génération qui tente de réconcilier le pragmatisme et l'idéalisme. De ce double idéal naît une tension qui parcourt OK Computer et en fait un album essentiel.

Alors, s'agit-il vraiment d'un concept-album? Voici l'avis de Wikipédia:
Thus, a case has been made that it is, if not conceptual, still a thematically cohesive album about the present, perhaps using futuristic technological imagery to make sociopolitical points, rather than to create its own sci-fi narrative.

The Wall (1979), de Pink Floyd

Eh oui, encore un album de Pink Floyd! Si j'aime les albums concept, c'est avant tout grâce à ce groupe: à partir de Dark Side of the Moon, le groupe ne produit que des albums concept! J'en profite donc pour citer les superbes Wish You Were Here (un album en hommage à Syd Barrett, le "diamant fou", fondateur du groupe, que la célébrité et les drogues ont transformé en Homer Simpson) et Animals (une exploration des comportements humains, vus à travers le prisme du Animal Farm de George Orwell). The Wall, c'est le sommet créatif de Roger Waters, le bassiste mégalo qui a pris le contrôle total du Floyd. L'album est, officiellement "Ecrit & Composé" intégralement par Waters. L'enregistrement de l'album se fait dans une très très grande tension, et le groupe ne s'en remettra jamais. Si l'on peut facilement contester la version officielle selon laquelle Roger Waters à tout fait sur cet album, on ne peut nier sa nature intensément personnelle. The Wall, c'est la descente aux enfers de Pink, une rock star que son succès rend fou. Comme Waters, Pink se met à mépriser les fans, et va même jusqu'à utiliser son influence sur eux pour en faire une sorte d'armée de jeunes nazis. Pink, comme Waters, n'a jamais connu son père, puisque celui-ci est mort pendant la Seconde Guerre Mondiale. Tous un tas de thèmes se mélangent dans The Wall: l'absence du père, le star-system, la folie, le fan(atisme), la guerre...Ensemble, ils font de The Wall le plus grand opéra-rock de tous les temps, sur lequel on trouve l'un des plus grands morceaux de Pink Floyd, celui qui donne son nom à ce blog: Comfortably Numb.
Et quand on aime The Wall, on se doit de voir le film qui s'en est inspiré: Pink Floyd: The Wall. Ecrit par Waters, le film est un complément indispensable à l'album.

Scenes from a Memory (1999), de Dream Theater

On arrive donc à Scenes from a Memory, du groupe de métal progressif Dream Theater. Les raisons qui me font adorer cet album sont les mêmes que celles qui le feraient detster d'un autre: Scenes from a Memory est un album ambitieux, étonnant, fatiguant. On y trouve des chansons où l'Amour triomphe de la Mort, où la réincarnation de l'âme devient possible. Les morceaux portent des noms dont on ne sait s'il faut les trouver grandiloquents ou ridicules. Exemples: "The Dance of Eternity" ou "Beyond this life". SFAM est un opéra rock, où chaque morceau constitue un "acte". C'est l'histoire de Nicolas, un jeune homme qui fait des cauchemars étranges. Il entreprend une séance d'hypnose, pour comprendre d'où viennent ces cauchemars qui ressemblent à des souvenirs. Et là, tout explose, Nicolas remonte le temps pour découvrir que ses cauchemars décrivent le meurtre sordide d'une jeune fille tuée par un serail killer en 1928! Passé et présent se téléscopent, Nicolas se découvre être la réincarnation de cette jeune fille assassinée, et pour enfin trouver la paix, il devra fouiller les souvenirs de sa vie antérieure pour découvrir l'identité du tueur...Bref, c'est très compliqué, mais ça tient. Et surtout, la musique nous fait ressentir le voyage intérieur de Nicolas: les thêmes sont répétés, changés légèrement, tout comme les paroles, structurées parfois en clash entre les diverses personnalités qui se croisent dans les souvenirs...La Vie, l'Amour, la Mort, la Rédemption: oui, Dream Theater aborde tout ces thêmes casse-gueule en assumant à 100%. Certains trouveront la démesure de cet album ridicule. Les autres seront conquis par son romantisme exacerbé.

American Idiot (2004), de Green Day

Avec American Idiot, on reste dans le genre de l'opéra rock, et c'est Green Day, l'un des groupes de punk les plus populaires aux Etats-Unis, qui s'y colle. American Idiot, c'est un voyage dans l'Amérique de 2004, une Amérique encore traumatisée par le 11 septembre, dominé par un pouvoir politique va-t-en guerre et complêtement incompétent. American Idiot, c'est un cri du coeur, c'est toute la colère des jeunes Américains (de gauche), quelques mois avant une élection présidentielle dont on espérait qu'elle permettrait de remettre le pays sur le droit chemin après l'horreur de l'administration Bush. On connait la suite...malgré ça, cet album garde une puissance et une fraîcheur incomparables. Il fait partie de ces albums qui sont comme une photo instantanée d'une époque particulière, d'un moment bien précis dans le zeitgeist, l'air du temps. En tant que jeune Américain faché contre son gouvernement, je partage la colère de Green Day. C'est un album que j'aime parce qu'il me ressemble. Et musicalement, c'est le plus ambitieux, et le plus abouti, de tous les albums de Green Day. C'est du punk progressif en quelque sorte: les morceaux s'enchaînent parfaitement, certains durent près de 10 min (l'incroyable Jesus of Suburbia)...contrairement aux punkeurs fadasses qui font de la musique sucrée et s'adressent aux faux rebelles ados, Green Day nous offre un album sérieux, bourré d'idées, un album qui renoue avec les racines politiques du punk, et qui prouve que ce n'est pas parce que l'on a plus trente ans et qu'on mène une vie confortable qu'il faut arrêter de critiquer la société.

19.4.07

Look out! Here comes the Spider-Man!

Alors que ça fait deux mois qu'on a l'impression d'être coincés dans un désert cinématographique, inutile de paniquer! Parce que dans deux semaines, Spider-Man 3 arrive enfin!

Spider-Man, c'est la plus réussie de toutes les adaptations de comics au cinéma. C'est le pari réussi de confier le budget d'un blockbuster à un spécialiste du système D, et accessoirement fan du personnage, Sam Raimi. C'est l'idée géniale de mettre au centre du film deux acteurs plus habitués à des petits films d'auteurs, Kirsten Dunst et Tobey Maguire, pour donner à ces films si éxubérants et colorés une touche de réalisme, d'émotion sincère. Spider-Man, c'est une série de films qui a capté l'essence de ce qui rend le personnage aussi populaire en BD. Spider-Man est l'archétype du anti-héros à la Marvel.

Après la réussite éclatante du premier volet, et le surpassement de cette réussite dans le second volet, on est en droit d'être confiants pour le troisième épisode. Raimi a construit un véritable univers, dont les personnages, même secondaires, s'étoffent au fur et à mesure. On y retourne donc avec plaisir, curieux de découvrir comment ont évolué Peter, MJ, mais aussi Harry, Jonah Jameson ou le prof Connors...Le plaisir que l'on éprouve à retourner dans ce monde que l'on connait bien, il vient aussi de la nouveauté qu'on y trouvera. A l'image d'un Peter Jackson, Sam Raimi est un des seuls réalisateurs de blockbusters à se poser la question de la mise en scène de l'action: que voit-on? comment le voit-on? Voici les questions que se pose l'exigeant Raimi, qui cherche la nouveauté dans chaque plan. Le cinéphile blasé, qui croit avoir tout vu en matière de cinéma d'action, est sûr d'être surpris. Faire sortir le cinéphile blasé de son snobisme, c'est très très fort. Et ça, Sam Raimi est capable de le faire.

La force de cette série, par rapport à d'autres sagas superhéroïques, c'est que le conflit, le trouble, vient avant tout du personnage central, Peter/Spidey. Dans chaque film, le conflit intérieur fait avancer le film, et le rôle du (ou des) méchants est de venir exacerber ce trouble, de l'amplifier, ce qui se traduit en langage cinématographique par des bonnes grosses scènes de baston et d'explosions. Bref, les adversaires métahumains de Spidey sont presque accessoires! Ils sont là parce que tout film de comics qui se respecte se doit de contenir des scènes qui font monter l'adrénaline, les scènes où les super-héros, dieux vivants, accomplissent des exploits surhumains. Lire une histoire de super-héros, c'est se faire psychanalyser pendant qu'on s'accroche au char d'une montagne russe. L'adrénaline favorise l'introspection. Allez savoir pourquoi.


Ainsi donc, après avoir acquis ses pouvoirs (premier film) et avoir pris la pleine mesure de l'impact de Spider-Man sur vie (deuxième film), Peter est désormais heureux: les habitants de NY l'aiment, sa copine l'aime et connaît son secret...bref, tout va bien. Mais ce bonheur tant attendu est-il aussi solide que Peter le croit?

Mais attention. Je parle de cette série de films comme d'oeuvres d'art. Mais Spider-Man, c'est avant LA franchise de Sony. Celle qui à déjà rapporté près de 1,5 milliards de dollars dans le monde. C'est un mastodonte commercial, qui vient avec son lot de produits dérivés: jeux vidéo, costumes, jouets, lunchbox...et ça:


Je ne sais pas très bien ce que c'est, mais au fond je m'en fous un peu. C'est beau le marketing!

14.4.07

Fear the future?

Dans un des blogs que je lis tous les jours, j'ai trouvé une superbe citation de Philip K. Dick, un des plus grands auteurs de science-fiction américains (et dont les romans et nouvelles ont inspiré des films tels que Blade Runner, Total Recall, et Minority Report).

Philip K. Dick à propos de la science-fiction:

"Science fiction writers worry about trends, worry about possible dystopias growing out of the present, and this is a cardinal virtue of the field. Admittedly, there was a time when science and progress were assumed to be identical. If we worry now we have cause to...

Viewpoint and concern in science fiction are a transaction among author, editor, and reader, to which the critic is a spectator. If the reader enjoys what I write, there you have it. If he does not enjoy it, there you have nothing. 'Important' is a rule for another game that I am not playing. I did not begin to read or write SF for reasons dealing with importance. When I sat in highschool geometry class secretly reading a copy of Astounding hidden within a textbook I was not seeking importance. I was seeking, probably, intellectual excitement. Mental stimulation."
Impossible, en lisant ces lignes, de ne pas penser à Children of Men, et son anticipation du monde à venir, de dystopies qui sont une évolution du monde contemporain ! Donc, je me suis dit que ça accompagnerait joliment mon précédent post.

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Cette citation, je l'ai trouvée sur le blog de Paul Pope, un artiste/dessinateur américain que j'ai découvert grâce à ses quelques incursions dans le monde des comics (Batman: Year 100, X-Statix, Escapo...). Il y a quelque temps, il s'est mis à blogguer, et ce de façon plutôt régulière et sérieuse, ce qui m'a permis de découvrir l'étendue de ses activités: en plus des comics, il illustre des pochettes d'albums de rock, dessine des posters pour des concerts, des expos, et il fait du boulot avec des marques comme Diesel, notamment des installations dans les boutiques. Il explique chacune des ses activités, et de façon plutôt détaillée, dans ses posts. Bref, c'est plutôt intéressant à lire.
Voici quelques exemples de son travail dans le monde des comics...

Johnny Storm et Wyatt Wingfoot, dans Fantastic Four #544

Voici une page extraite d'une nouvelle (en BD) qu'il a réalisée récemment pour une anthologie des Fantastic Four: comme à l'époque de Stan Lee et Steve Ditko (scénariste et dessinateur, respectivement, et inventeurs de Spider-Man), Johnny Storm et Spider-Man se disputent de manière assez spectaculaire. J'adore le fait que le Spidey de Pope ressemble au Spidey de Ditko (en particulier son masque)...tout en restant dans un pur style Paul Pope! Pour Johnny, je ne l'ai jamais vu dessiné ainsi: sa forme humaine semble disparaître sous son manteau de flammes....Des flammes dont on à l'impression qu'elles sont vivantes!

Spidey vs la Torche, dans Fantastic Four #544

Le découpage de l'action ne ressemble en rien à celui des comics actuels. On a l'impression qu'il se passe autant de choses entre les cases, dans l'espace que l'on appelle le "caniveau" ("gutter" en VO), que dans les cases elles-mêmes! C'est donc au lecteur de reconstituer l'action, ce qui donne l'impression de participer à la mise en scène du récit...Pope doit avoir lu Scott McCloud, pour qui le caniveau est le lieu le plus important de la page, le lieu des possibles, celui où se déroule véritablement l'action.

Les connaisseurs apprécieront la dernière case: pour gagner sa vie, Peter Parker vend les photos de son "alter-héros", Spider-Man. Donc, près du lieu où Spidey et la Torche se chamaillent, une caméra est rêglée sur "automatique", et mitraille la scène...Ces photos serviront ensuite à J. Jonah Jameson, rédacteur en chef du Daily Bugle, à prouver, une fois de plus, que Spider-Man est une menace à l'ordre à public! Pauvre Spidey...

11.4.07

No, this is no bad dream

Ca y est, Children of Men sort enfin en DVD. L'occasion pour tous ceux (et ils sont nombreux!) qui l'ont loupé en salles pour enfin voir ce chef-d'oeuvre absolu, le film de SF le plus important depuis Matrix.


Là où Matrix se pose en pure fiction, qui réecrit l'histoire du monde à l'aide d'un thème classique (les machines ont vaincu les hommes, et ont fait des hommes leurs esclaves), Children of Men est un récit d'anticipation: il part des questions que se posent les pays développés aujourd'hui (comment lutter contre le terrorisme? comment gérer l'immigration?), et imagine ce que sera la Grande-Bretagne dans 20 ans, en 2027. Voilà la force de ce film, qui est capable de nous immerger dans un monde qui pourrait être le nôtre dans 20 ans.


A cet univers crédible, Cuaron ajoute un élément fictif: l'absence d'enfants. Depuis plusieurs années, plus aucun enfant n'est né. Pourquoi? On ne le sait pas. Qu'est-ce qu'un monde sans enfants? Un monde sans espoir. Un monde sans espoir est un monde sans avenir. Partout dans le monde, c'est l'anarchie. Seule l'Angleterre garde un semblant d'ordre, grâce à une politique ultra-sécuritaire et ultra-nationaliste. Les immigrés sont parqués dans d'énormes camps (de concentration?). Les gens sont encouragés à se laisser mourir. Les plus jeunes être humains font parti de groupes révolutionnaires terroristes. Privés d'avenir, ils tuent (littéralement) le temps en attendant la fin.


Mais Children of Men va plus loin que simplement construire un monde étouffant de crédibilité. C'est un thriller extrêmement efficace, une course contre la montre pour sauver l'humanité. Parce que la fin du monde n'est pas programmée. Parce que quelque part dans la campagne anglaise, une jeune femme est enceinte. Si on arrive à comprendre comment ce miracle a pu se produire, l'humanité va peut-être retrouver l'espoir qu'elle a abandonné il y a si longtemps. Clive Owen est recruté pour assurer la survie de la jeune femme. Il n'a aucune idée ce qui l'attend, et de ce qu'il devra faire pour sauver les hommes. Sera-t-il capable de redonner l'espoir aux hommes?

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Lire la critique du film sur l'excellent site américain Salon.com

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Update: le titre de ce post est (comme la majorité des titres de mes post) une référence à une chanson que j'aime: "Sheep", de Pink Floyd, que l'on peut trouver sur leur album Animals (1977). La référence me paraissait appropriée, puisque Animals est un album-concept du Floyd,qui s'inspire de l'univers du Animal Farm de George Orwell. L'influence orwellienne que l'on retrouve dans Children of Men, puisque le pouvoir politique de ce monde ressemble un peu à celui du Big Brother. Et dans Children of Men, on trouve une référence assez inhabituelle à Animals, ou plutôt à la jaquette de l'album Animals. A vous de regarder le film, et de me dire si vous avez repéré la référence!

10.4.07

Pay your surgeon very well to break the spell of aging...

Je repensais récemment au beau film américain Little Miss Sunshine. Un film à la fois très classique et très original, une variation sur le thème du road movie familial, et une vraie bouffée d'air frais...
En fouillant un peu dans la filmo des réalisateurs Valerie Faris & Jonathan Dayton, dont c'est le premier film, je me suis rendu compte que je les avais à l'oeil depuis très longtemps! Avant de tourner (enfin) leur premier film de cinéma, cette équipe avait tourné énormément de clips et de pubs. Et dans ces clips, il y a en beaucoup qui me sont restés, dont je me souviens encore, dix ans après les avoir vus pour la première fois. Je pense d'abord au superbes clips des non moins superbes morceaux Tonight, Tonight et 1979, des Smashing Pumpkins. Le clip de Tonight, Tonight, hommage au Voyage dans la lune de Méliès, m'avait particulièrement marqué par sa fantaisie, son humour, et parce qu'il me donnait l'impression de voir un vieux film de SF muet, mais en couleurs, avec pour bande son ce morceau très orchestral des Smashing.

L'influence du cinéma muet se retrouve aussi dans le clip de Other Side, la chanson des Red Hot Chili Peppers. La palette des couleurs se limite au N&B, avec des petites touches de couleur ça et là (les mèches blondes d'Anthony Kiedis, les lèvres/ailes rouges). On pense aux cinéma allemand des années '20, à Fritz Lang, à Murnau...

Pour la fantaisie et l'humour, on peut revoir avec plaisir All Around the World, de Oasis, un beau morceau dont le titre inspire au réalisateurs un clip en forme de tour du monde dans une soucoupe volante...qui nous rappelle le vaisseau spatial des deux amants de Tonight, Tonight!

Dans un registre un peu plus moderne, Faris & Dayton ont aussi réalisé pour les RHCP le clip/jeu vidéo de Californication, et l'amusant By The Way, avec sa course poursuite infernale entre un taxi et un 4x4.

Comme on peut le voir, le duo Faris-Dayton aime retravailler avec les mêmes artistes (ils ont aussi réalisé plusieurs clips pour R.E.M.), et contribue à construire les univers de ces artistes. On peut aussi apprécier chez eux la volonté de transformer les clips en récits. Chaque clip est un petit récit, avec un début et une fin. Pour ce faire, ils s'inspirent des mondes imaginaires crées par leurs illustres aînés (Méliès, Lang). Mais cela ne signife pas qu'ils négligent les mondes imaginaires plus modernes! Il suffit pour vérifier cela, de regarder le clip Freak on a leash, de Korn, qu'ils ont co-réalisé avec l'une des plus grandes stars des comics américains: Todd McFarlane, créateur de Spawn. Dans ce clip génial, qui mélange prise de vues réelles et animation, on observe au ralenti la trajectoire d'une balle de revolver... c'est l'ancêtre du bullet-time de Matrix!

......

Et enfin, deux clips qui n'ont rien à voir avec Faris et Dayton, mais que j'aime beaucoup. On reste dans des clips animés, qui se ressemblent pas mal alors que leurs styles musciaux respectifs sont plutôt éloignés: disco futuriste pour Madonna, et hard rock speedé pour les Queens of the Stone Age.


6.4.07

Scott Pilgrim and the Infinite Sadness

Il y a une BD que j'adore en ce moment, et qui ne ressemble à aucune autre: ça s'appelle Scott Pilgrim, et c'est un "manga canadien". L'action se déroule à Toronto, et le héros s'appelle Scott Pilgrim. Qui est Scott Pilgrim? Un glandeur qui ne fout pas grand chose. Un mec qui fait semblant de jouer de la basse dans un groupe de rock. Un lâche et un hypocrite qui tombe toutes les filles. La routine, quoi.
Jusqu'au jour où il rencontre la belle Ramona. Pour devenir son boyfriend, il devra réussir l'impossible: vaincre ses 7 ex-boyfriends maléfiques.

Scott Pilgrim, c'est le mélange des genres. C'est la vie quotidienne d'un glandeur, qui joue dans un petit groupe de rock le weekend, et qui ne fout pas grand chose de sa vie. Sauf que parfois, la réalité devient floue, et le monde devient plus fantasque. Une fille peut sortir de son petit sac à main un énorme marteau ("+2 against girls") et mettre la patée à sa rivale, une jeune lycéenne qui s'est teint les cheveux pour devenir une ninja meurtrière. Un mec peut se casser la gueule après un saut en skate, et se transformer en pièces d'or comme un méchant dans Super Mario Bros.

Puisque l'auteur (Bryan Lee O'Malley) est un enfant des années '80, et qu'il a beaucoup joué à la console étant jeune, on reconnait très vite les références. Il suffit de voir l'image à gauche, un dessin teaser pour le volume 3, en forme d'hommage à Super Mario 3, celui où Mario peut se transformer en écureuil volant (j'en ai trop dit, là?).

S'il veut sortir avec Ramona Flowers, Scott Pilgrim doit vaincre en combat singulier chacun de ses méchants ex-boyfriends. Heureusement qu'il est le "meilleur combattant de la province"! Et heureusement qu'il y a des point de sauvegarde sur les lieux de chacun de ses combats!

Scott Pilgrim, c'est un grand n'importe quoi, une bouffée d'air frais au ton inimitable et à l'humour décapant. C'est un manga occidental, unique en son genre.

Et comme c'est un peu difficile d'expliquer Scott Pilgrim, voici quelques vignettes, quelques planches pour mieux saisir la bizarrerie du truc:

La concurrence est rude entre tous les jeunes groupes de rock de la scène de Toronto. Scott essaye d'instaurer la peur dans le coeur de ses rivaux!


Scott et son groupe (Sex Bob-omb!) sont prêts à tout déchirer!



Scott essaye d'impressioner Ramona avec sa geekitude! Et ça ne marche pas!


Séquence "Action!". Grâce à son éloquence, Scott terrorise son adversaire, Todd le Vegan!


Pour connaître la suite, il faut lire Scott Pilgrim!